La soumission de toute politique au primat du marché c'est l'essence même du projet européen; l'établissement d'un marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée a toujours été l'objectif annoncé de la Communauté depuis le traité de Rome en passant par le SME, l'Acte unique et Maastricht. La Constitution ne fait que mettre en forme les traités existants qui instituent déjà le libéralisme économique en sanctuaire inviolable; à la limite peut-on dire qu'elle renforce les logiques libérales mais nullement qu'elle les initie.
Certains dénoncent à juste titre le caractère peu démocratique (pour ma part je les qualifierais d'anti-démocratiques), des institutions européennes. Mais là encore n'est-ce pas la logique même de l'Union européenne de traiter les questions politiques à un échelon auprès duquel la volonté populaire est impuissante ? Depuis le début de la construction européenne les décisions sont prises en conclave, les peuples étant soigneusement tenus à lécart. Il est notable à ce propos quà notre époque, dès quun sujet politique devient brûlant et que les dirigeants souhaitent imposer aux peuples des décisions que ceux-ci réprouvent, on invoque la pertinence du niveau européen pour résoudre les problèmes : ainsi les questions dimmigration dont on nous serine quelles doivent être traitées par Bruxelles, alors que les flux migratoires sont liés dune part à lhistoire propre à chaque nation ( limmigration sud-américaine en Espagne, indo-pakistanaise en Grande-Bretagne ou ouest-africaine en France) et dautre part à la situation locale du marché du travail. LUE nest-elle pas avant tout un moyen de couper court à toute contestation ? Ou de circonvenir les citoyens, comme on la vu avec la directive Bolkestein que nos politiciens ont tenté de cacher au peuple jusquà ce que celui-ci ne sen émeuvelélaboration de la directive a débuté en janvier 2004, nos gouvernants en avaient donc connaissance, du moins dans ses grandes lignes, un an avant de la dénoncer publiquement ; elle a été évoquée pour la première fois dans LHumanité en juin 2004, ce qui a laissé indifférent le PS jusquau mois de janvier 2005.
Se révolter contre l'obligation d'obtenir l'unanimité des Etats membres afin de modifier ce Traité me semble au contraire légitime. En citant l'exemple habituel du vilain petit canard qui empêche la réforme nous nous révoltons, mais enfin accepterions-nous que l'on impose au peuple français l'application d'un Traité contre l'adoption duquel il aurait voté au prétexte que tous les autres l'auraient ratifié ? Pour ma part je vois un dilemme entre une volonté de démocratiser l'UE et la négation de la souveraineté populaire, base de la démocratie. En effet pour quil y ait souveraineté populaire encore faut-il quil y ait un peuple. Force nous est de constater quil ny a pas de peuple européen et quil ny en aura jamais à moins de balayer les nations existantes, autrement dit de faire replonger lEurope dans un cycle de violences contre laquelle lUE est censée nous protéger.
Mais lEurope na-t-elle pas été créée justement parce quelle est par essence antidémocratique, au-dessus des peuples et de leur capacité de nuisance auprès des pouvoirs nationaux ? On peut toujours tracer lesquisse dune démocratie transnationale européenne mais sur quelle légitimité fonder cette démocratie transnationale ? Sur le cadavre des peuples souverains ? Cest impossible. Il serait absurde de détruire les démocraties nationales légitimées par les peuples souverains (et pacifiques !) pour reconstruire une démocratie purement formelle à léchelle continentale qui ne saurait être légitimée par un peuple qui nexiste pas ! A supposer même que naîtrait un peuple européen, une conscience politique européenne, à supposer quexisterait une souveraineté européenne, comment articuler cette souveraineté européenne et les souverainetés des différents peuples ? En cas de conflit entre la volonté du peuple français et celle du peuple européen il faudra trancher en faveur de lune ou de lautre, nécessairement. Cela dit il sagit là dune question oiseuse puisque le Traité constitutionnel proclame, à la suite du Conseil constitutionnel français, que le droit européen prime sur le droit des Etats membres ; autrement dit le droit dune instance non démocratique prime sur le droit national et démocratique.
Pour ma part, qui étais il y a peu fédéraliste, jen conclus que le projet politique européen ne vise pas tant à lunification du continent quà la spoliation de la souveraineté populaire. Pour être plus précis, plutôt que de spoliation, peut-être faudrait-il parler de soustraction : lentement mais sûrement on soustrait des pans entiers du champ politique au pouvoir des peuples. Il sest dabord agi de la politique agricole, puis ça été la politique monétaire enfin économique ; sans compter à lavenir les politiques sociale et fiscale, étrangère et de sécurité, la politique scientifique et lenseignement supérieur
Et tout cela au nom de lefficacité !
Dans notre Europe moderne il semblerait que les peuples soient devenus incapables de rien entendre à la complexité du monde, que seuls les experts cooptés par et parmi les élites puissent démêler lécheveau inextricable de lunivers humain. Cest ainsi que lEurope unie, au nom de la bonne gouvernance, substitue au « gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple » des comités dexperts indépendants chargés de décider dans le secret de leurs conclaves les choix pertinents quant à lavenir du continent, choix pertinents qui vont toujours dans le sens de lintérêt des puissants.
Que penser à ce propos du fameux (mais inconnu) modèle social européen ? Les différents modèles sociaux qui se sont constitués au vingtième siècle sont liés indissolublement aux démocraties nationales, ainsi quau modèle économique propre à chaque nation, au sein desquelles ils sont nés et ont grandi. Hors il ny a pas et il ne saurait y avoir de démocratie européenne non plus que déconomie européenne, comment dès lors penser quon puisse élaborer un modèle social européen ? On voit bien dans les faits que dans ce domaine comme en tout domaine cest le plus petit dénominateur commun qui réunit les Européens. En fait quant on nous parle du modèle social européen on ne brasse pas de l'air, on nie la réalité : c'est bel et bien dans un cadre national et avant même le début de la construction européenne que les grandes réformes sociales qui ont bouleversé les sociétés du Vieux continent ont été mises en uvre et cest bel et bien contre cette réformation sociale et politique que sest constituée lUE.
Si on accepte ces considérations alors on doit reconnaître que lUE nest rien dautre quun projet de restauration bourgeoise dirigé contre des Etats nations dont les bourgeoisies avaient quasiment perdu le contrôle au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. LUE nest rien dautre quun cadre permettant aux élites de sautonomiser par rapport à leurs nations ! une instance quelles peuvent contrôler et influencer à leur guise sans avoir à se soucier des émotions populaires
Que peut un peuple, français pour ce qui nous concerne, contre une législation européenne à partir du moment où « le droit de lUnion prime sur le droit des Etats membres » ? Les élites européennes savent quant à elles où se situent leurs intérêts dans la mesure où elles senrichissent sur le dos des peuples ; elles ne se font nullement concurrence et ont toutes rigoureusement les mêmes intérêts, leur principal intérêt étant de museler une souveraineté populaire toujours susceptible de les contrarier. Autrement dit lUE représente le renouveau dun pouvoir autoritaire après leffondrement des pouvoirs fascistes (largement soutenus par les élites européennes ne loublions pas, élites qui ont été globalement épargnées lors de lépuration) en 1945 ; bien évidemment il sagit dun pouvoir autoritaire doucereux, dans la mesure où il est plus subtil : il ne réprime pas ses opposants, il se contente dempêcher ceux-ci, de rendre impossible toute alternative, de barrer les chemins de traverse ; suprême subtilité ce nest pas lUE qui impose, mais les Etats membre qui imposent la volonté européenne à leurs peuples rétifs, ce qui casse la solidarité des citoyens envers lEtat et leur ôte toute possibilité dagir (autre que superficielle) : si les citoyens sont persuadés que lEtat ne leur appartient plus, quil nest plus quun corps étranger, alors ils tenteront de sorganiser sans lEtat (doù peut-être lessor des communautarismes de tous poils, la reviviscence religieuse, lapparition de micronationalismes
) et saffaibliront dautant plus vis-à-vis du pouvoir suprême. Quel intérêt a, en fin de compte, la masse des populations européennes à ce que cet UE se renforce ? Pour moi aucun. Ou alors il faut brûler tous les traités et les lois européens !
Restent les arguments massues quon nous ressert systématiquement depuis vingt ans dès quon critique un tant soit peu lUE, et quon fait ânonner aux élèves des collèges et des lycées : la paix et lamitié entre les peuples, la taille critique du marché commun dans la mondialisation, le contrepoids à lhyper puissance américaine.
On nous explique (on nous bourre le crâne devrais-je dire) que lEurope protège les Européens contre leurs bas instincts guerriers et destructeurs, quelle enchaîne les peuples afin de leur interdire de recourir à la violence. Quelle est donc la fin de cette interdiction ? Certainement pas dempêcher les guerres entre nations européennes : lidée même de guerre est aujourdhui totalement étrangère aux cultures européennes comme on a pu le constater lors de la guerre américaine en Irak. Largument selon lequel lUE protège lEurope de la guerre est donc absurdesans compter que si jamais les Européens reprenaient goût aux guerres nationales lUE ne pourrait rien contre des nationalismes redevenus agressifs, comme nous la montré lEmpire austro-hongrois qui a éclaté à lissue de la Grande Guerre alors même quil constituait une économie intégrée et un Etat unifié depuis des siècles, sans oublier la défunte Fédération yougoslave.
Et puis il ne faut pas oublier le rôle primordial joué par les élites européennes dans le déclenchement des deux guerres mondiales : ces nationalismes agressifs qui ont ravagé le continent au siècle dernier nétaient-ils pas en grande partie instrumentalisés par les bourgeoisies nationales et certaines élites intellectuelles? Cest-à-dire par ceux-là même qui dominent lUE à lheure actuelle et qui, chose étrange, ont largement soutenu linvasion de lIrak par larmée américaine et développé à cette occasion un discours ouvertement belliciste ?
Pour résumer nous construisons une Europe unie afin de réaliser la paix perpétuelle en donnant le pouvoir, dans cette Union, à des classes qui promeuvent la guerre comme un recours légitime, tout en en excluant les viles populaces qui, elles, sont férocement pacifiques ! Il est manifeste que la Paix perpétuelle nest pas lobjectif de lUE.
LEurope, tout du moins lUE, nous permet de mieux nous défendre dans le cadre de la mondialisation nous dit-on ensuite. Sans lUE la France, et les autres, serait balayée par le dragon chinois, écrasée par léléphant indien, dévorée par logre américain; sans lUE il nous serait impossible de défendre ni de promouvoir nos intérêts à lOMC ; sans lUE la France, et les autres, ne pourrait pas développer de grands projets tels quAirbus, Arianespace ou je ne sais quoi
Tout cela nest-il pas incohérent ? Quon le veuille ou pas la mondialisation, et pour un temps qui risque dêtre long, nous fait basculer dans une nouvelle ère dont léconomie est régulée par une compétition féroce qui écrase impitoyablement ceux (collectivités et/ou individus) qui ne peuvent ou ne savent sadapter. LUE, agrégat de nations aux structures économiques et aux intérêts divergents, ne peut fonctionner que selon la règle du consensus établi en conclave, autrement dit dun accord qui à défaut de satisfaire tout le monde ne mécontente personne. Il ne faut pas oublier que lUE est un ensemble hétérogène : entre lAllemagne et ses 82 millions dhabitants et Malte qui en compte 375 000 ; entre le Danemark où le coût salarial horaire moyen est de 30 et la Bulgarie (qui adhèrera en 2007) où le SMIC mensuel est de 43 ; entre la Suède réputée pour son haut niveau de fiscalité et le Luxembourg qui est un paradis fiscal ; etc. Il nest pas impossible de trouver un terrain dentente mais il est évident que celui-ci ne peut être établi quaprès de longues et âpres négociations et forcément a minima, dautant quUE ou pas nous sommes en compétition avec ceux-là même qui sont nos partenaires, ce qui rend encore plus difficile létablissement de positions communes.
LUE est par essence une structure très lourde entraînée par une force dinertie dune puissance quasi incoercible. Hors dans le cadre de la mondialisation qui, du supertanker puissant mais quasi impossible à manuvrer et du hors-bord léger mais très flexible, sortira vainqueur ? Après tout si on enlève ses illères et quon regarde le monde on constate que des petits pays occidentaux riches comme le Canada (33 millions dhabitants), lAustralie (19 millions), la Nouvelle-Zélande (3 millions) et même lIslande (0,28 million), qui ne sont ni des paradis fiscaux ni des Etats membres de quelque grand ensemble régional que ce soit, tirent parfaitement leur épingle du jeu ; le Canada membre de lALENA, simple zone de libre échange nord-américaine, est à la première place de lindice de développement humain (établi par lONU sur la base du niveau dinstruction, de lespérance de vie, de la richesse nationale
) quand la France ne cesse de régresser à linstar des autres pays européens à lexception notable des pays scandinaves qui, mis à part la Finlande, nont quun pied, voire un orteil, dans lUE.
La puissance du grand marché commun est une illusion qui ne nous protège que dune chose : du dynamisme économique qui entraîne toute la planète moins la Grande Europe Unie pour le meilleur (?) et pour le pire (!). Cest paradoxal mais cest un fait objectif : loin de nous renforcer lUE nous affaiblit au niveau mondial. Le seul argument valable quant à la masse critique quest censée constituer lUE concerne les négociations à lOMC dans lesquelles lEurope fait jeu égal avec les Etats-Unis. Encore est-ce là un argument dérisoire dans la mesure où UE et USA défendent les mêmes positions 99 fois sur 100 ; seuls des points de détail opposent ces deux entités représentant la moitié de léconomie mondiale. Cela na dailleurs rien détonnant quand on sait à quel point les économies des deux rives de lAtlantique sont imbriquées : ainsi lactivité des entreprises européennes implantées outre-Atlantique représente 1400 milliards de dollars (sur 11000 milliards de PIB, soit un septième de léconomie américaine) tandis que lactivité des entreprises de lOncle Sam implantées sur le Vieux Continent représente elle aussi 1400 milliards de dollars (sur 11000 milliards de PIB, soit un septième de léconomie européenne) ; ainsi les normes comptables américaines simposent aujourdhui en Europe après que la Commission a renoncé à élaborer des normes spécifiques à lUnion ; ainsi les grandes entreprises européennes apparaissent de plus en plus comme des clones de leurs homologues américains
Est-il nécessaire dévoquer leuro (symbole de limpuissance européenne à élaborer une alternative au modèle américain) dont on nous dit quil constitue une alternative au dollar tout en nous expliquant que la seule parité acceptable entre ces deux monnaies est : 1=1$ ? A ce compte-là naurait-il pas été plus simple dadopter carrément le dollar à la place du franc ? Leuro est une monnaie qui nexiste que par défaut vis-à-vis du dollar exactement comme le franc, ce qui signifie que nous avons abandonné une relative autonomie monétaire (du franc par rapport au dollar) au profit dune sujétion absolue à la BCE, véritable Etat dans lEtat ou plutôt au-dessus de lEtat qui gère la monnaie à la manière de Louis XIV : selon son bon vouloir et sans rendre de comptes à personne !
On objectera que le marché commun est une bonne chose, ce que je veux bien croire. Simplement lexistence du marché commun ne nécessite nullement linstauration du Léviathan bruxellois : une simple zone de libre-échange sur le modèle de lALENA serait suffisante. Jentends déjà les arguments fallacieux du genre : une zone de libre-échange cest le libéralisme sauvage, ce qui est faux : une zone de libre-échange cest la suppression des barrières douanières entre des nations qui gardent la totale liberté de légiférer aux plans fiscal, social
; de plus dans ce cadre chaque nation étant parfaitement souveraine conserve la possibilité de rompre ses engagements. Une zone de libre-échange ne tient que tant que ces participants y trouvent leur compte. Regardons le Canada : a-t-il été contraint de privatiser son assurance maladie suite à lALENA ? Le Québec a-t-il été contraint de privatiser Hydroquébec, sa compagnie électrique ? Nullement et contrairement à la France qui se trouve contrainte de réformer dans le sens du libéralisme et quelque soit sa volonté ! De fait le Canada est plus autonome dans lALENA que la France dans lUE.
Quant à largument des grands projets européens il est absolument dérisoire ! Airbus na rien à voir avec lUE : cest le fruit dune coopération franco-britannico-allemande et de lopiniâtreté de la France à défendre une industrie aéronautique concurrentielle de laméricaine ; la politique spatiale a toujours été portée par la France dans la quasi indifférence de nos partenaires qui se satisferaient très bien des services de la NASA (la France à elle seule assure un tiers des budgets spatiaux européens) ; le dernier grand projet, Galileo, est encore un projet français pour le lancement duquel il aura fallu plus de 10 ans de tractations entre partenaires européens, encore et surtout faut-il le réaliser concrètement ! Là encore lUE est un carcan qui bride toute audace en matière dinvestissements. Sur le plan spatial ne serait-il pas plus rationnel que la France coopère avec des pays comme lInde et le Brésil, nations ambitieuses qui ne se contentent pas dêtre des provinces américaines (contrairement à la quasi totalité des pays européens si on excepte la France et, peut-être, la Grande-Bretagne).
En résumé au plan économique lUE est un monstre ingouvernable dont la seule utilité est de négocier avec lhyper puissance des contentieux superficiels et dont la monnaie ne nous apporte aucune plus-value par rapport au franc.
LUE est un possible contrepoids à la puissance américaine. Voilà une affirmation insensée ! Si on veut faire contrepoids au grand méchant loup américain la solution la plus simple est de dissoudre lOTAN, alliance stratégique qui a perdu tout caractère de nécessité depuis leffondrement de lURSS. Aussi pourquoi la défense européenne sarticule-t-elle autour de lOTAN ? Nest-ce pas tout simplement parce quau point de vue stratégique comme au point de vue économique lUE et les nations qui la composent sont en accord avec les USA 99 fois sur 100 ?
Il faut écouter nos dirigeants ! A-t-on déjà entendu quelquun de nos gouvernants évoquer la dissolution de lOTAN ? Je ne le crois pas. Et non seulement aucun de nos dirigeants na jamais évoqué pareille éventualité mais celle-ci serait en totale contradiction avec leurs discours sur les rapports entre lEurope et le monde. En effet si lon écoute ces braves gens qui nous dirigent, ils nous parlent du tandem euro-américain comme dun condominium dont le destin est de dominer et de régir la Terre et nullement dun monde merveilleux au sein duquel tous les Etats seraient sur un même pied dégalité (il faut voir à ce propos comment lUE négocie avec les pays africains le renouvellement de ses accords économiques, cest-à-dire par le diktat pur et simple). Les médias se focalisent sur les tensions franco-américaines au Conseil de sécurité mais on oublie que si ces tensions sont si spectaculaires cest essentiellement parce quelles sont rarissimes.
Où et quand lEurope unie est-elle une alternative à lhyper puissance ? Tout au plus peut-on dire que lUE sous-traite pour le compte des USA, comme on le voit dans les Balkans ou dans le cadre des négociations avec lIran.
Par ailleurs si lon considère que lUE est constituée essentiellement de petits pays en quête dun protecteur on comprend quil est inimaginable que lUE développe jamais une politique de défense indépendante de lOTAN et par conséquent des USA. Ce nest pas un hasard si au cours de la crise irakienne tous les petits pays de lUE se sont rangés du côté américain plutôt que du côté français : ayant le choix entre deux puissances protectrices ils ont tout bonnement choisi la plus importante sans nullement se préoccuper du tyran Saddam ou des armes de destruction massive ni de savoir qui de la France ou des Etats-Unis avaient les meilleurs arguments. Ce nest certes pas très noble au point de vue moral mais cest tout à fait rationnel.
Quattendre dans de pareilles conditions de lémergence dune politique étrangère commune ? Rien ! Encore une fois lUE ne renforce pas lindépendance nationale mais laffaiblit puisque la majeure partie des membres de lUE saligne systématiquement et nécessairement sur la politique étrangère américaine et que, par voie de conséquence, une politique étrangère commune nous ravalera au plan de protectorat américain. Quitte à être allié aux Etats-Unis autant lêtre directement ce qui, à défaut de nous assurer une totale indépendance, nous permettrait de conserver une relative autonomie.
Nest-on pas allé trop loin dans lintégration européenne ? Est-il acceptable que les deux tiers de nos lois soient dorigine européenne ? Que les politiques agricoles, industrielles, scientifiques, monétaires, fiscales, sociales, stratégiques, etc. soient transférées à lUE ? De fait aujourdhui la France est moins autonome que le Québec ! Personnellement tout cela me semble extravagant et foncièrement antidémocratique. Et non seulement lUE est antidémocratique mais en plus il me semble que, mastodonte ingouvernable, elle nous affaiblit davantage quelle ne nous renforce.
Veut-on que la France devienne un protectorat américain, plutôt quun allié ? Veut-on que la France devienne un district administratif de lUE plutôt quune République ? Veut-on se retirer de lhistoire universelle et nêtre plus quun canton du monde ? Si cest le cas continuons la danse macabre à laquelle nous nous adonnons depuis bientôt 30 ans et chantons les louanges du capitalisme transnational et de lUE, sur les cadavres de la nation et de la Révolution françaises. Sinon votons contre ce traité européen et balayons cette vieillerie bourgeoise qui nous ramènera deux siècles en arrière et quon appelle pompeusement UE. Pour que le rêve européen ne devienne pas un cauchemar !
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