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Les premiers ministres sont comme les réfrigérateurs. Il leur suffit de faire ce qu'on leur demande, d'être discret, de ne pas trop remuer et de durer pour que leur nom se décline en néologisme. Je ne me souviens pas du nom de "Raffarin" comme d'une marque mais je crois que je me rappellerai longtemps ses "raffarinades"... Que voulez-vous Jean-Pierre, le Français va ainsi, maugréant car jamais content mais néanmoins conscient de la dure tâche qui vous incombe à vous, France d'en haut.
Jamais content le Français. Je suis assez d'accord avec ce lieu commun mais il faudrait alors le mettre au pluriel. Les Français ne sont jamais contents et à ce titre-là vous, les élus, êtes effectivement représentatifs, vous ne l'êtes pas non plus. En fervent pragmatique je pense que lorsque tout le monde prétend avoir raison mais que personne n'est d'accord alors tout ce monde doit avoir tort. En simple Français d'en bas je ne prétends pas, loin s'en faut, avoir raison. Je prétends simplement qu'à ce moment-là le débat doit êre ouvert. Et un débat ouvert, direct, universel. Les formes de démocratie moderne s'essouflent, notre République est si caricaturale sur certains aspects qu'on la qualifie de monarchie républicaine dans nombre de medias.
Mais enfin Messieurs les élus, croyez-vous sincèrement que nous sommes dupes ? Allons-nous continuer cet éternel jeu de cache-cache du Julia et de la souris ?
Le 25 avril 2002 j'écrivais ceci :
La France des Français.
Les gens qui me connaissent mapprécient pour ma courtoisie, mon calme et surtout ma modération. Aujourdhui est un jour particulier, je ne mexprime pas sur un sujet personnel et cest un exercice que je nai pas lhabitude de pratiquer, je ne sais si je saurai communiquer de cette manière, vos réactions me renseigneront, je lespère. Je vais tenter daborder sans prétention un sujet sérieux de façon explicative, compréhensible et assortir mon analyse dun message. « Je vais tenter » ai-je écrit Je vais donc essayer de le faire en toute objectivité et avec lespoir de votre compréhension. Jaurais pu me lancer dans une diatribe équilibrée ou une humoristique parodie mais jai choisi de ne pas le faire aujourdhui parce que le sujet ne sadresse pas à mes amis, aux gens qui me fréquentent et me connaissent, pas seulement. Jaimerais quil nous concerne tous.
Le premier tour des élections présidentielles françaises a eu lieu. A ce titre, surtout ne loublions pas, les Français se sont exprimés. Pour être plus juste, ceux qui ont voulu le faire lont fait. (Lorsque le peuple ne peut sexprimer il se soulève, lorsquil ne sexprime plus il prend le risque de la confiscation de ce droit.) Donc, ne nous voilons pas la face, nous nous sommes exprimés. Je nai pas peur de la société française, je la connais, en fais partie et en suis fier. Ca ne changera pas après le 5 mai. Cette société, que le Français singénie à critiquer, naura pas changé en deux semaines délection présidentielle. La surprise, non feinte pour la plupart dentre nous, était latente et nous le savions, ne soyons pas hypocrites. Les raisons de ce vote sont multiples, les pièges étaient nombreux et certains dentre nous y sont tombés.
Le premier élément à constituer la particularité de ce vote fût la multiplicité des candidats. Cette multiplicité nétait pas un piège, au contraire. Elle a permis à tous les votants de trouver un bulletin de vote, dentendre sa voix « proche » sexprimer et accessoirement dautoriser le vote « petit poucet » que les Français affectionnent tant.
Le premier piège fût lacharnement dont ont fait preuve tous les médias à nous renseigner sur le deuxième tour : Jacques Chirac devant Lionel Jospin. La valse des troisièmes hommes pouvait commencer, la danse des candidats au troisième poste qui ne servirait à rien avait débuté. On se demanda même parfois sils dansaient en couples Et cet acharnement fût si justifié que Jacques Chirac arriva bel et bien devant Lionel Jospin, trop devant même, entre les deux sétait intercalé Jean-Marie Le Pen. Aucun des instituts de sondage, aucune chaîne de télévision, aucun journal ne lavait prévu. Nous étions si assurés du deuxième tour Malgré tous les petits poucets présents nous étions sûrs du résultat.
La droite chiraquienne nous proposa une campagne essentiellement axée sur la sécurité, pain béni pour lextrême droite. Deuxième piège auto-tendu ? Habituel pour la droite, me direz-vous mais nexagérons rien non plus, les problèmes dinsécurité existent bel et bien. Le débat était nécessaire mais la promptitude de la droite à enfoncer la gauche sur ce sujet a produit un effet non recherché, ce fût une erreur de communication. Encore aujourdhui elle sexerce aux pamphlets contre la mauvaise cible, ce nest plus ni la bonne heure ni le bon adversaire, quelle ne fasse pas de surcroît une erreur de cible.
Quant au piège dans lequel sest enfoncée la gauche jospinienne, il était tendu depuis bien longtemps. Elle nous proposa une campagne qui navait rien de présidentielle. Essentiellement axée sur un bilan gouvernemental qui, par définition, ne sadressait quaux français, cette campagne a oublié les ambitions de la France. Pour faire la nuance, le président doit représenter la voix de la France et les députés celles des français or nous avons assisté à une campagne législative de la part du parti socialiste, ce fût une erreur de calendrier. Aujourdhui, labsence est flagrante, aucun des ténors socialistes ne semblait avoir pris la mesure de cette élection, nest pas président qui veut être premier ministre Erreur dobjectif.
Lattitude de Jacques Chirac en refusant le débat avec Jean-Marie Le Pen ne doit pas nous induire en erreur, il sait déjà que sil est élu il ne pourra utiliser ni son score ni sa capacité de rassemblement. Cette élection ne sera pas la sienne. Il rassemblera certes, mais par défaut.
Par contre, ne tombons pas dans le prochain piège, ne continuons pas à croire les sondages qui donnent Jacques Chirac écrasant Jean-Marie Le Pen de ses 80% dintentions de vote. les Français se sont exprimés une première fois, cest ainsi que le veut la constitution mais il y aura bel et bien deux tours, ne feignons pas de loublier. La France est dans une situation inédite, le choix entre la droite et encore plus à droite est à faire.
La société française que je connais, dont je me revendique et dont je suis fier sexprimera encore. Ses constituantes se doivent dêtre au rendez-vous, ses fondamentaux se doivent dêtre présents à lesprit. Ceux qui ont oublié de voter au premier tour du scrutin ne doivent pas oublier le second, ceux qui regrettent amèrement de ne pas lavoir fait doivent se souvenir de ces regrets, ceux qui sont fiers de lavoir fait doivent le répéter. Tous les Français aujourdhui sinterrogent, personne na de réponse, ni les instituts de sondage, ni les prétendants à lElysée ni les médias. Sils vous disent le contraire, ne les croyez pas.
La France a besoin dune réponse claire et forte et rien ne sert plus que de lexprimer dans les urnes. Elle a besoin de cette réponse parce que cest de nous quil sagit. La France est notre pays, cette réponse doit être à la mesure de ce que nous voulons quil représente à nos yeux mais aussi à létranger.
Je conclurai en rappelant encore quelques fondamentaux. Nous vivons dans un grand, un beau pays où il fait meilleur être malheureux que dans la plupart des autres pays du monde. Nous vivons dans une démocratie, une vraie où le pouvoir nous appartient à nous le peuple, dans une république, une vraie où le pouvoir sexerce par le peuple et pour le peuple. Ne loublions pas non plus.
Nous savons tous, en tant que français, que nous devons corriger les imperfections de ce système que nous sommes si nombreux à critiquer. Nous devrions tous savoir quil nous faut sans cesse nous avancer pour quil avance
Jen appelle donc à tous mes compatriotes pour quils sexpriment clairement, fortement et de façon indiscutable. La France ne se contentera pas, au lendemain du 5 mai, des chiffres après la virgule. Elle ne se contentera pas non plus de lhabituel taux dabstention. La France a besoin de scores significatifs, faisons en sorte quelle les ait.
Vive la France mais surtout : Vivent les Français.
JdPB.
Cette élection ne fût pas représentative, elle a été confisquée par l'impératif républicain dont les Français ont su faire preuve. Et pourtant vous vous l'êtes appropriée... Rendez-nous notre Constitution, notre France.
Plus haut j'écrivais que les démocraties modernes s'essouflaient, en ce sens j'entendais qu'avec les nouvelles technologies la démocratie directe est à portée de nos mains, de nos doigts plus exactement. Ce serait aujourd'hui le chemin à prendre mais y sommes-nous prêts ? Commençons donc par nous exprimer.
Voilà une entrée en blog par un coup de gueule mais ainsi va la vie n'est-ce pas ? Un coup de gueule et beaucoup de bons moments jusqu'au prochain...


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