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La France d'en bas

Samedi 8 janvier 2005 6 08 /01 /2005 00:00

Entrée en blog...

Les premiers ministres sont comme les réfrigérateurs. Il leur suffit de faire ce qu'on leur demande, d'être discret, de ne pas trop remuer et de durer pour que leur nom se décline en néologisme. Je ne me souviens pas du nom de "Raffarin" comme d'une marque mais je crois que je me rappellerai longtemps ses "raffarinades"... Que voulez-vous Jean-Pierre, le Français va ainsi, maugréant car jamais content mais néanmoins conscient de la dure tâche qui vous incombe à vous, France d'en haut.

Jamais content le Français. Je suis assez d'accord avec ce lieu commun mais il faudrait alors le mettre au pluriel. Les Français ne sont jamais contents et à ce titre-là vous, les élus, êtes effectivement représentatifs, vous ne l'êtes pas non plus. En fervent pragmatique je pense que lorsque tout le monde prétend avoir raison mais que personne n'est d'accord alors tout ce monde doit avoir tort. En simple Français d'en bas je ne prétends pas, loin s'en faut, avoir raison. Je prétends simplement qu'à ce moment-là le débat doit êre ouvert. Et un débat ouvert, direct, universel. Les formes de démocratie moderne s'essouflent, notre République est si caricaturale sur certains aspects qu'on la qualifie de monarchie républicaine dans nombre de medias.

Mais enfin Messieurs les élus, croyez-vous sincèrement que nous sommes dupes ? Allons-nous continuer cet éternel jeu de cache-cache du Julia et de la souris ?

Le 25 avril 2002 j'écrivais ceci :

La France des Français.

Les gens qui me connaissent m’apprécient pour ma courtoisie, mon calme et surtout ma modération. Aujourd’hui est un jour particulier, je ne m’exprime pas sur un sujet personnel et c’est un exercice que je n’ai pas l’habitude de pratiquer, je ne sais si je saurai communiquer de cette manière, vos réactions me renseigneront, je l’espère. Je vais tenter d’aborder sans prétention un sujet sérieux de façon explicative, compréhensible et assortir mon analyse d’un message. « Je vais tenter » ai-je écrit… Je vais donc essayer de le faire en toute objectivité et avec l’espoir de votre compréhension. J’aurais pu me lancer dans une diatribe équilibrée ou une humoristique parodie mais j’ai choisi de ne pas le faire aujourd’hui parce que le sujet ne s’adresse pas à mes amis, aux gens qui me fréquentent et me connaissent, pas seulement. J’aimerais qu’il nous concerne tous.

Le premier tour des élections présidentielles françaises a eu lieu. A ce titre, surtout ne l’oublions pas, les Français se sont exprimés. Pour être plus juste, ceux qui ont voulu le faire l’ont fait. (Lorsque le peuple ne peut s’exprimer il se soulève, lorsqu’il ne s’exprime plus il prend le risque de la confiscation de ce droit.) Donc, ne nous voilons pas la face, nous nous sommes exprimés. Je n’ai pas peur de la société française, je la connais, en fais partie et en suis fier. Ca ne changera pas après le 5 mai. Cette société, que le Français s’ingénie à critiquer, n’aura pas changé en deux semaines d’élection présidentielle. La surprise, non feinte pour la plupart d’entre nous, était latente et nous le savions, ne soyons pas hypocrites. Les raisons de ce vote sont multiples, les pièges étaient nombreux et certains d’entre nous y sont tombés.


Le premier élément à constituer la particularité de ce vote fût la multiplicité des candidats. Cette multiplicité n’était pas un piège, au contraire. Elle a permis à tous les votants de trouver un bulletin de vote, d’entendre sa voix « proche » s’exprimer et accessoirement d’autoriser le vote « petit poucet » que les Français affectionnent tant.

Le premier piège fût l’acharnement dont ont fait preuve tous les médias à nous renseigner sur le deuxième tour : Jacques Chirac devant Lionel Jospin. La valse des troisièmes hommes pouvait commencer, la danse des candidats au troisième poste qui ne servirait à rien avait débuté. On se demanda même parfois s’ils dansaient en couples… Et cet acharnement fût si justifié que Jacques Chirac arriva bel et bien devant Lionel Jospin, trop devant même, entre les deux s’était intercalé Jean-Marie Le Pen. Aucun des instituts de sondage, aucune chaîne de télévision, aucun journal  ne l’avait prévu. Nous étions si assurés du deuxième tour…  Malgré tous les petits poucets présents nous étions sûrs du résultat.

La droite chiraquienne nous proposa une campagne essentiellement axée sur la sécurité, pain béni pour l’extrême droite. Deuxième piège auto-tendu ? Habituel pour la droite, me direz-vous mais n’exagérons rien non plus, les problèmes d’insécurité existent bel et bien. Le débat était nécessaire mais la promptitude de la droite à enfoncer la gauche sur ce sujet a produit un effet non recherché, ce fût une erreur de communication. Encore aujourd’hui elle s’exerce aux pamphlets contre la mauvaise cible, ce n’est plus ni la bonne heure ni le bon adversaire, qu’elle ne fasse pas de surcroît une erreur de cible.

Quant au piège dans lequel s’est enfoncée la gauche jospinienne, il était tendu depuis bien longtemps. Elle nous proposa une campagne qui n’avait rien de présidentielle. Essentiellement axée sur un bilan gouvernemental qui, par définition, ne s’adressait qu’aux français, cette campagne a oublié les ambitions de la France. Pour faire la nuance, le président doit représenter la voix de la France et les députés celles des français or nous avons assisté à une campagne législative de la part du parti socialiste, ce fût une erreur de calendrier. Aujourd’hui, l’absence est flagrante, aucun des ténors socialistes ne semblait avoir pris la mesure de cette élection, n’est pas président qui veut être premier ministre… Erreur d’objectif.

L’attitude de Jacques Chirac en refusant le débat avec Jean-Marie Le Pen ne doit pas nous induire en erreur, il sait déjà que s’il est élu il ne pourra utiliser ni son score ni sa capacité de rassemblement. Cette élection ne sera pas la sienne. Il rassemblera certes, mais par défaut.

Par contre, ne tombons pas dans le prochain piège, ne continuons pas à croire les sondages qui donnent Jacques Chirac écrasant Jean-Marie Le Pen de ses 80% d’intentions de vote. les Français se sont exprimés une première fois, c’est ainsi que le veut la constitution mais il y aura bel et bien deux tours, ne feignons pas de l’oublier. La France est dans une situation inédite, le choix entre la droite et encore plus à droite est à faire.

La société française que je connais, dont je me revendique et dont je suis fier s’exprimera encore. Ses constituantes se doivent d’être au rendez-vous, ses fondamentaux se doivent d’être présents à l’esprit. Ceux qui ont oublié de voter au premier tour du scrutin ne doivent pas oublier le second, ceux qui regrettent amèrement de ne pas l’avoir fait doivent se souvenir de ces regrets, ceux qui sont fiers de l’avoir fait doivent le répéter. Tous les Français aujourd’hui s’interrogent, personne n’a de réponse, ni les instituts de sondage, ni les prétendants à l’Elysée ni les médias. S’ils vous disent le contraire, ne les croyez pas.

La France a besoin d’une réponse claire et forte et rien ne sert plus que de l’exprimer dans les urnes. Elle a besoin de cette réponse parce que c’est de nous qu’il s’agit. La France est notre pays, cette réponse doit être à la mesure de ce que nous voulons qu’il représente à nos yeux mais aussi à l’étranger.

Je conclurai en rappelant encore quelques fondamentaux. Nous vivons dans un grand, un beau pays où il fait meilleur être malheureux que dans la plupart des autres pays du monde. Nous vivons dans une démocratie, une vraie où le pouvoir nous appartient à nous le peuple, dans une république, une vraie où le pouvoir s’exerce par le peuple et pour le peuple. Ne l’oublions pas non plus.

Nous savons tous, en tant que français, que nous devons corriger les imperfections de ce système que nous sommes si nombreux à critiquer. Nous devrions tous savoir qu’il nous faut sans cesse nous avancer pour qu’il avance… 

J’en appelle donc à tous mes compatriotes pour qu’ils s’expriment clairement, fortement et de façon indiscutable. La France ne se contentera pas, au lendemain du 5 mai, des chiffres après la virgule. Elle ne se contentera pas non plus de l’habituel taux d’abstention. La France a besoin de scores significatifs, faisons en sorte qu’elle les ait.

Vive la France mais surtout : Vivent les Français.

                 JdPB.

Cette élection ne fût pas représentative, elle a été confisquée par l'impératif républicain dont les Français ont su faire preuve. Et pourtant vous vous l'êtes appropriée... Rendez-nous notre Constitution, notre France.

Plus haut j'écrivais que les démocraties modernes s'essouflaient, en ce sens j'entendais qu'avec les nouvelles technologies la démocratie directe est à portée de nos mains, de nos doigts plus exactement. Ce serait aujourd'hui le chemin à prendre mais y sommes-nous prêts ? Commençons donc par nous exprimer.

Voilà une entrée en blog par un coup de gueule mais ainsi va la vie n'est-ce pas ? Un coup de gueule et beaucoup de bons moments jusqu'au prochain...

Par Djiddy Pibbee - Publié dans : La France d'en bas
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Lundi 10 janvier 2005 1 10 /01 /2005 00:00

ONPP : L’émission de Marc Olivier FOGIEL cherche ses chroniqueurs.

Marco et son complice Guy CARLIER ont inventé le haut débit asymétrique télévisuel. L’analogie est facile, la vitesse descendante de leur débit est proportionnellement supérieure au débit remontant des invités. Chez Marco on peut donc beaucoup plus facilement « télécharger » leurs critiques et questions qu’on peut y répondre. Pourtant mais paradoxalement c’est ce que l’on veut y trouver et pas un invité parlant de ses états d’âme pendant des heures, d’autres le font très bien. Alors comment rééquilibrer cet état de fait sans nuire à la ligne de l’émission ? La causticité des questions est directement liée à ce que pense l’intervieweur de son invité. Or dans la plupart des cas il le connaît déjà. Comment gérer cette partialité ? Ils ont développé un nouveau concept : faire poser les questions et pousser la critique par des inconnus qui le sont aussi des invités, du moins est-ce ce que j'ai compris. C’est un challenge intéressant à relever. Le café du commerce à la télévision ? Bonne idée si on ne l’importe pas à l’heure de l’apéro propice aux esprits échauffés. A parler comme un livre en ayant trop bu les invités deviennent vite aussi « cons » que la couverture, d’autres en ont fait l’expérience… Le pitbull du PAF qui ne mord pas toujours et doté d’un aboiement de roquet parfois de très haute teneur tente l’expérience. Nul doute qu’ils subiront une fois de plus les critiques assassines de leurs confrères mais à toute chose malheur est bon. Une fois encore ils feront jaser et ne plairont pas à tout le monde. Entre un intervieweur haut débit et un chroniqueur à haute causticité il reste de la place pour les opinions populaires, qu’en feront-ils ? L’avenir proche nous le dira si le service public accepte de nous donner enfin la parole sur les sujets d'actualité.

Pour postuler il faut envoyer à onnepeutpasplaire@france3.fr une lettre de motivation avec photo (télé oblige ? Ce serait l'objet d'un débat...)

Par Djiddy Pibbee - Publié dans : La France d'en bas
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Mercredi 26 janvier 2005 3 26 /01 /2005 00:00

J'ai répondu sur un forum à quelqu'un qui entendait opposer la réalité historique et la science à la religion après avoir lu le "Da Vinci Code"...

Opposer la religion à l’histoire ou à la science est inutile et infondé. Nombre d’historiens et de scientifiques sont croyants sans que cela remette en cause la validité de leurs découvertes.
Quant à la véracité historique de la Bible, elle ne saurait en constituer sa trame. La Bible est un recueil à portée philosophique, elle enseigne des préceptes de vie commune à adopter pour atteindre un idéal collectif et n’a jamais été composée pour servir de livre d’histoire. Dans l’Antiquité, essentiellement guerrière, les figures étaient Achille, Jason et autres combattants d’exception. Dans un passé plus récent ce furent les chevaliers comme Richard, Robin de Locksley ou autres qui représentèrent des idéaux. Personne ne peut s’assurer de la réalité historique des écrits s’y rapportant. La science n’est pas non plus exempte de ces mythifications : Archimède ne découvrit pas le principe de densité dans son bain mais en voulant démontrer l’escroquerie d’un marchand, Newton améliora ses résultats pour en augmenter la portée et était alchimiste. À titre individuel qui peut nier que nous embellissons nos souvenirs ? Pourquoi ? Imaginez un seul instant que nous passions notre temps à ressasser les mauvais… Pour avancer nous préférerons n’en retenir que les leçons. Lorsque ce phénomène se produit au niveau collectif les souvenirs deviennent mythes, ou histoire. Nous connaissons tous les évènements du 14 juillet 1789, mais retenons-nous de façon aussi prégnante les années d’horreur qui suivirent ? Faudrait-il alors en balayer d’un revers de main les avancées que nous en avons retirées ? Cher lecteur, personne ne vous demande de croire en la Bible, ni en Achille ou en la fabuleuse histoire d’Archimède, personne ne vous demande de croire les écrits de nos philosophes actuels, mais ce ne sont pas des arnaques, seulement des exemples, des mythes ou préceptes qui se sont ou se seront avérés suffisamment universels pour être crus et suivis par des populations entières. À ce titre, les dénigrer porte atteinte à tous ceux qui en ont retiré, en retirent ou en retireront un bien-être certain. Ainsi va l’homme.
Et pourtant, elle tourne…

PS : je suis profondément athée, ne vous en surprenne. ;)

Par Djiddy Pibbee - Publié dans : La France d'en bas
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Jeudi 27 janvier 2005 4 27 /01 /2005 00:00

Nous, les Portugais et la guerre.

 

Le Portugal n’a pas connu la guerre mais la faim. Nous étions sous la dictature de Salazar et voisins de Franco. Le seul voisin d’ailleurs. N’oublions pas que le Portugal est une enclave. De l’autre côté de l’Atlantique les Américains certes, mais si loin… Salazar a décidé de donner tout ce que nous avions à tout le monde et en cette occasion je pense sincèrement que c’était ce qu’il y avait de mieux à faire. Mais ce faisant, il nous a affamés.

Je crois que nous pouvons parler objectivement et sans victimisation de la deuxième guerre. 

Ce qui caractérise un génocide c’est l’intensité d’un crime envers un peuple. A ce titre la Shoah fut un génocide violent, brutal mais aussi institutionnalisé, mécaniquement organisé, industriellement construit avec pour critère, comble de l’horreur, la rentabilité. Tout ça fut pensé par un homme, un seul… Ces faits sont incontestables. Ils sont interdits de contradiction même aux croyants, Dieu n’a rien à voir là-dedans. De surcroît ça dépasse l’entendement même de génocide. On a voulu en finir de toutes les espèces humaines différentes, c’est une folie destructrice telle que seul l’homme la connaît… Six millions de personnes en moins en quatre ans… Dix pour cent de notre France actuelle. Profondément Français de trente-sept ans d’origine portugaise je suis touché même si personne de ma famille ne l’a vécu. Comment voulez-vous que les jeunes Portugais sachent ce qui s’est passé ? Personne de chez nous ne peut le savoir si on ne l’en informe pas, nous n’avons pas la tradition orale en ce domaine. Mais en tant que Portugais et fièrement Français je puis vous garantir qu’en cette occasion je partage votre histoire.

Voilà à quoi servent les commémorations.

Par Djiddy Pibbee - Publié dans : La France d'en bas
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Samedi 29 janvier 2005 6 29 /01 /2005 00:00

Figurez-vous que l’autre jour, comme dirait l’autre, je me suis attelé au ménage. Et oui, quand on est chômeur on n’a aucune excuse pour prétendre y réchapper… Et comme j’y étais obligé j’ai essayé de le faire bien. Je vous vois venir, non je ne suis pas un fainéant du ménage invétéré, juste un peu laxiste sur ce sujet (sourire). Mais poursuivons, il me fallait le faire et j’ai donc réfléchi à ma manière toute mathématique et logique (je suis informaticien) de le faire du mieux possible… Je me suis creusé la tête et ai trouvé des techniques qui m’ont semblé satisfaisantes mais ce ne fut pas de tout repos loin s’en faut… Quand ma femme est rentrée je me suis senti fort comme un enfant qui venait de faire exactement ce qu’on attendait de lui : Hein que c’est bien fait ? Ben oui mon chat, tu t’appliques toujours quand tu fais quelque chose… Ben ça m’a pris trois heures quand même… Ah ? Et comment t’es-tu débrouillé pour prendre autant de temps ? Ben j’ai réfléchi et j’ai trouvé des méthodes inédites, attends je t’explique… Et me voilà parti dans des explications de géométrie, de pratique et même de logique. Pff… M’a-t-elle rétorqué, tu crois qu’on fait comment nous ? Et en deux fois moins de temps ? Et voilà, j’étais scotché… Moi qui étais persuadé avoir été intelligent… On est toujours le con d’un autre n’est-ce pas ? Ben moi je me suis trouvé être celui de ma femme sur ce coup là…

Par Djiddy Pibbee - Publié dans : La France d'en bas
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Vendredi 18 février 2005 5 18 /02 /2005 00:00
Il faut savoir de quoi l’on parle au sujet du cannabis.Ce qui se consomme le plus fréquemment en France n’est pas de l’herbe (ou chanvre indien) mais sa résine, contrairement aux pays où la consommation est autorisée ou tolérée. Cette résine est transformée, conditionnée, « coupée » parfois. Les objectifs de ces manipulations n’ont qu’un seul but : faciliter le trafic. En effet, à poids égal, la résine de cannabis ou haschisch (plus communément appelée « chit », « bédo », « chichon » ou autres noms ésotériques) est de 20 à 50 fois moins volumineuse que la plante et le rapport est sensiblement le même quant à l’odeur. On comprendra donc aisément le pourquoi de l’extraction de la résine qui présente une concentration de produit actif évidemment beaucoup plus élevée. De surcroît, les revendeurs intermédiaires peuvent « couper » cette résine en y ajoutant des produits neutres voire nocifs de manière à en augmenter le poids. La concentration en THC (tetrahydrocannabinol, molécule active du cannabis) diminue alors mais ce n’est pas grave, seul celui qui l’achètera en sera lésé, les marchés se négociant en poids et non en qualité. Voilà pour le produit en lui-même.Passons maintenant à sa consommation. Il n’a jamais été prouvé à ma connaissance de dépendance physique au cannabis mais psychologique au même titre qu’une altération artificielle de l’esprit (par psychotropes, y compris les médicaments) prolongée rend dépendant. Par contre pour consommer du haschisch il faut le mélanger au tabac. Le tabac contient des produits nocifs (par centaines) dont certains ont été volontairement ajoutés pour créer une dépendance physique (ce serait un excellent sujet de débat par ailleurs puisqu’on préfère augmenter le prix des cigarettes afin de réduire le trou de la sécurité sociale plutôt que de forcer les fabricants à retirer de leur composition ces produits mortifères). On en déduira donc facilement qu’un consommateur débutant de résine de cannabis mais non fumeur de tabac, même s’il décide d’arrêter sa consommation stupéfiante, a de fortes chances de se retrouver « accro » au tabac qui lui aura permis de véhiculer le THC. La résine de cannabis est donc un mauvais choix quelque soit le point de vue selon lequel on se place sauf de celui du trafiquant. Elle entretient les organisations criminelles, ruine la santé parce qu’elle n’est jamais « pure » (on y a même retrouvé du cirage) et force à la consommation de tabac qui lui est une substance légale mais notoirement nocive.L’herbe quant à elle, en tant que produit naturel, ne présente pas tous ces inconvénients. Elle se fume pure et n’engendre que très peu de trafic comparativement à sa résine pour les raisons que j’ai citées plus haut. Elle ne contient pas de nicotine ni de substances chimiques toxiques comme l’ammoniac (présent dans les cigarettes) et possède des vertus médicinales reconnues par nombre de médecins voire d’états étrangers. Voilà pour les différences entre les deux formes du cannabis.Je tiens de nouveau à préciser que je ne fais l’apologie de rien mais si l’on veut débattre il faut le faire objectivement. A ce titre il convient d’apporter quelques rectifications à des idées reçues. Si les molécules de THC sont effectivement détectables quelques semaines après leur consommation il n’agit plus depuis longtemps, il est simplement beaucoup plus long à éliminer que l’alcool qui lui est un liquide, donc absorbé différemment. La raison en est simple : les résidus d’intoxication pulmonaire sont toujours plus difficiles à évacuer. Un gros fumeur met environ dix ans après s’être arrêté à retrouver des poumons « propres », un gros buveur ne mettra que quelques heures à éliminer toute trace d’alcool dans le sang.Les risques de choc médical à l’usage du cannabis sont inexistants en comparaison à l’alcool ou à d’autres stupéfiants : il ne provoque pas d’overdose ni de coma éthylique, tout au plus quelques nausées ou vomissements lors de la première prise (c’est aussi le cas parfois avec la cigarette) et un besoin de sommeil urgent en cas d’excès.Quant aux effets psychologiques ils se rapprochent plus d’un effet relaxant qu’euphorisant ou stupéfiant comme c’est le cas d’autres substances plus « dures ». L’éventail sensoriel est diminué mais le consommateur en est conscient car le cannabis ne diminue pas les capacités intellectuelles, bien au contraire, et augmente même provisoirement les capacités de concentration. Ainsi l’usager perd de sa plage sensorielle mais peut se focaliser sur un ou plusieurs sens. Il en résulte que lors de la conduite, par exemple, l’usager éprouve la sensation d’une vitesse beaucoup plus élevée que réelle et n’aura donc pas tendance à accélérer. Les accidents liés à sa consommation seule sont très souvent de simples accrochages, les accidents graves étant liés quasiment toujours à l’absorption mixte d’alcool et de cannabis, deux substances aux effets contraires mais qui forment une combinaison désastreuse.Combien de jeunes après avoir bu quelques apéritifs n’iront pas se prendre pour Fangio au volant ? Alors que c’est plutôt l’inverse après quelques joints si la consommation d’alcool n’a pas eu lieu. Quant aux effets sur le comportement social il est facile pour ceux qui ont côtoyé les deux types de consommateurs de faire la différence entre les « fumeurs » et les « buveurs ». Un groupe ayant abusé de l’apéritif en viendra toujours aux conversations enflammées, voire trop et parfois même en viendra aux mains. Ce n’est pas le cas avec les « fumeurs », l’effet relaxant n’incitant guère à la violence.Alors quelle attitude adopter ? Planter de l’herbe est interdit, comme pour le tabac d’ailleurs, et pourtant les Pays Bas ont éliminé le trafic de haschisch en légalisant l’herbe, ils ne favorisent donc aucun trafic en provenance de pays dont nous connaissons les situations. Les plus gros pays trafiquants de cannabis sont les pays d’Amérique du sud et du Maghreb ou du Moyen Orient, on imagine assez aisément dans quelles conditions est réalisée la production. Ne pas fumer, ne pas boire, ne pas abuser des mauvaises graisses, etc. ? Vivre dans un monde aseptisé ? L’alcool et le tabac tuent plus et font plus de dommages sociaux en un an que toute l’herbe fumée n’en fera jamais en cinquante. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille l’inciter, loin s’en faut, mais qu’il faut cesser de diaboliser le cannabis si l’on veut un débat sincère. Aujourd’hui les seules personnes habilitées à mener ce débat publiquement sont tous des gens propres sur eux, soignés, n’ayant aucun vice et ne consommant pas le produit qu’ils prétendent interdire. Ils cautionnent la nocivité du tabac mais le fument, ils interdisent le cannabis sans le fumer. Mais ce n’est pas le seul sujet sur lequel ils s’expriment sans le connaître, me direz-vous… La consommation n’est pas sanctionnée sévèrement dans les faits en France (sauf lors de soupçons de trafic), c’est bien la preuve de la tolérance de cette liberté individuelle. Une partie de la population française s’y adonne, vous en connaissez probablement tous sans le savoir et c’est la meilleure preuve de leur discrétion… Mais les dangers psychologiques existent bel et bien pour nos enfants, l’isolement en est un, et pour la scolarité ça peut dans certains cas s’avérer catastrophique. C’est vrai. Le risque d’escalade existe, c’est vrai aussi. Mais comment l’empêcher si on ne sait pas de quoi on parle ? Alors comment en est-on arrivé là ? Il y a longtemps que nous y sommes, depuis les années soixante. Mais aujourd’hui ce tabou est levé. Comment en est-on arrivé à être le plus gros consommateur d’anxiolytiques et ce même chez les jeunes adultes et adolescents ? Dans certains états le cannabis remplace ces fameux médicaments. Ma conclusion sera simple. Essayons de tenir nos enfants à l’écart du haschisch, du cannabis, de l’alcool, de la cigarette, des médicaments. Quand ils y seront ? Expliquons-leur les dangers. Que faire d’autre ? Je ne sais pas. Mais j’espère au moins que vous en saurez un peu plus sur le sujet, parce que si vous êtes confronté au problème, eux croiront tout en savoir. Quant aux adultes ? Faites-vous rigueur de ne jamais prendre votre voiture avec plus de 0.5g d’alcool par litre de sang, de ne plus fumer de tabac, de ne plus enfreindre aucune loi et là vous pourrez sans contestation juger de leurs actes. Mais vivez-vous encore ?
Par Djiddy Pibbee - Publié dans : La France d'en bas
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Vendredi 25 mars 2005 5 25 /03 /2005 00:00

Ce sont parfois de bien étranges situations que vivent les Français d’en bas. La mienne en est un bon exemple, je suis chômeur. Situation étrange cependant connue d’environ 10% des Français tout de même… Et c’est bien connu, l’étrangeté fait peur. Ainsi dit-on des chômeurs qu’ils sont atteints d’une maladie qui ne dit pas son nom, l’assistanat quoi…. Il parait même que c’est contagieux. Une maladie terrible dont on guérit de plus en plus difficilement. Pas gai à voir… La France d’en bas ne serait pas très belle en fin de compte. Alors évidemment, comme elle ne travaille pas elle ne peut pas se soigner du chômage…

Mais de plus elle a bien des défauts cette France d’en bas. Et son premier c’est évidemment la paresse. Ne lui répète-t-on pas à tout bout de champ que du travail il y en a ? Combien de postes sont-ils vraiment à pourvoir dans chaque région ? Plus que de chômeurs ? Et voilà, comme elle est paresseuse et ignorante elle ne comprend pas ce qu’on lui explique. Des enjeux capitaux comme le bien-être de toutes ces grandes entreprises dont les dirigeants se font fort de non plus la considérer comme une actrice de la vie économique mais comme un outil ou pire, un service… Hein ? Dites-le moi vous, comment la France d’en bas pourrait-elle comprendre de si fins arguments ?

Alors la France d’en bas va essayer de reprendre sa place, elle va exiger que vous, les politiques, retourniez à votre mission pour remplir le rôle qui devait être le vôtre mais que vous oubliez de remplir. Elle va vous expliquer les arguments qu’elle veut que vous représentiez enfin.

Elle ne veut pas être considérée comme une marchandise soumise à une quelconque loi de marché économique ultralibéral. La France d’en bas ne veut pas qu’un représentant du Peuple aille à l’encontre de la quasi-unanimité des citoyens de son pays. La France d’en bas sait que tout ce que vous lui proposez au fur et à mesure comme lois, traités ou systèmes ne conduit depuis plusieurs années qu’à aggraver sa situation. La France d’en bas ne peut pas se permettre d’imaginer l’aussi long terme de vos prédictions « abracabradantesques »  parce qu’elle n’a pas les moyens de voir venir ses trente prochaines années, comme celle d’en haut… La France d’en bas se souvient pourquoi elle a voté pour Jacques Chirac lors de sa dernière élection. Elle ne l’autorise pas à se croire propriétaire de ses urnes lorsqu’il déclare qu’elle pense une connerie. La France d’en bas sent monter sa colère quand elle voit ses dirigeants lui imposer leur gouvernance alors qu’elle l’a déjà sanctionnée à plusieurs reprises. La France d’en bas se moque des présidentielles, elle est trop occupée par son quotidien.

La France d’en bas a bien envie de crier tout ça beaucoup plus fort mais elle est bien trop respectueuse de sa Constitution, elle… Pour l'instant.

Par Djiddy Pibbee - Publié dans : La France d'en bas
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Samedi 26 mars 2005 6 26 /03 /2005 00:00

La scène politique française de premier plan semble aujourd'hui s'interroger. Il était temps.

Nos hommes politiques "importants" si attachés à leur siège (il est vrai qu'il est souvent confortable) semblent aujourd'hui se rendre compte de ce que pensent vraiment les Français d'en bas, et pour tout dire se rendre compte qu'ils n'ont pas la "positive attitude", loin s'en faut. Enfin !

Mais pourquoi sont-ils tant étonnés ? Nous ne sommes pas surpris, nous... Un Président élu par défaut, un gouvernement sanctionné plusieurs fois par des votes de rejet qui persiste et signe, des dirigeants qui nous traitent d'imbéciles puisque nous ne comprenons pas leur politique. Et de plus ils se sentent alors obligés de nous l'expliquer encore comme on le ferait avec nos enfants... Des manifestations d'une ampleur rare auxquelles on a apposé une fin de non recevoir. Des lycéens mécontents... Mais enfin soyons honnêtes, qui en France est content parce qu'il vit mieux ? Ceux qui vivaient déjà très bien avant, et encore pas tous.

Ils semblent étonnés de l'ampleur de ce mécontentement. Pourtant on le leur a martelé plusieurs fois et à chaque reprise plus fort, comment peuvent-ils feindre d’être étonnés à ce point ? Parce qu'ils sont déconnectés de la réalité à ce même point. Ils ne connaissent ni le prix de la baguette ni celui du journal qui traite de leur environnement mais tout de l'indice boursier, exactement comme si le Français d'en bas gérait son budget à la faveur du CAC40.

Non Messieurs, ce n'est pas ça la réalité, revenez sur Terre et de préférence en France. De plus en plus de Français ne sont pas sûrs de pouvoir faire leurs courses, qui ont augmenté beaucoup plus que vous ne le prétendez par ailleurs, vous nous mentez. De plus en plus de Français ne sont pas sûrs d'avoir un toit le soir, même en travaillant... Et pourtant vous deviez rebâtir des logements sociaux, mensonge encore… De plus en plus de Français perdent leur travail, les chômeurs sont bien plus de 1O% mais en arrangeant les statistiques là aussi vous nous mentez... Avec l'élargissement de l'Europe qui veut nous être imposée le Français d'en bas a tout à perdre pour plusieurs décennies, de ça on n'en parle pas. Paradoxalement aucun débat n'est articulé autour de ce que va apporter au Français dans sa vie quotidienne ce traité constitutionnel. Par omission vous nous mentez encore. La directive Bolkestein retirée ? Mensonge ! Vous ne vous souciez, les médias y compris, que des conséquences politiques de ce NON alors que nous voulons savoir quels vont être les bienfaits sur nos conditions de vie à court terme. Parce que c'est maintenant que la vie nous est de plus en plus difficile. Aujourd'hui ! Comment peut-on penser à l'avenir de nos enfants si nous ne pouvons même pas assurer le nôtre ? Nous respecterons alors l’attitude saine qui prévaut lors de la signature d’un contrat commercial : dans le doute nous refuserons...

Vous redoutez le séisme politique qu'un NON entrainerait mais là c'est vous qui n'avez pas compris. Ce cataclysme nous le voulons ! Nous voulons que vous reveniez à la réalité. Celle qui est la nôtre en dehors des séries télé et des émissions abrutissantes, en dehors des cadres de plasma qui tapissent les logements ministériels. Le NON aurait un temps représenté des ambitions présidentielles ? Rien que ça... Un crime ! Là aussi il vous aurait suffi de connaitre vos concitoyens, le NON c'est aujourd'hui 55%, du moins officiellement...

Parce que vous nous mentez, parce que vous ne nous écoutez pas, parce que vous nous méprisez, ce sont pour toutes ces raisons que le NON ne nous suffit plus. Le NON n'est pas seulement un vote de rejet de votre politique, il est sincère. Mais son ampleur l'est, c'est un immense rejet ! C'est pourquoi nous souhaitons enfin ce renouvellement. Pour ça nous irons voter, quelque soit notre position. Mais la plupart de ceux qui le feront en votant non le feront effectivement aussi pour un changement radical. Nous voulons que votre terreau politique tremble, oui... Nous voulons ce séisme politique !

Par Djiddy Pibbee - Publié dans : La France d'en bas
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Mercredi 6 avril 2005 3 06 /04 /2005 00:00

J'ai posté en commentaire sur le blog www.europeus.org, le meilleur site des arguments du oui à mon sens :

"Bonjour et félicitations pour ce site de qualité courageux.

Mais je vais être franc dès le départ : je suis un noniste.
En tout cas, ce qui est indubitable c'est l'erreur dont font preuve ténors des media, de la politique et autres personnes dites "impliquées". Ce non est populaire, profondément populaire. C'est ce qui explique les divergences que les sondeurs commencent à voir. Il monte de la France d'en bas (vous excuserez le pléonasme volontaire). Mais la France d'en bas c'est un peu comme le salaire de la peur, elle n'existe pas. La preuve ? Je le sais, j'en viens...
Personne n'est capable aujourd'hui de lui expliquer ce qu'elle a à gagner avec ce texte. Par contre, des raisons au non elle en connaît. Et même beaucoup.

Voilà… La messe (on est dans l’anecdote, là J) est dite et maintenant entrons dans le bistro pour l'apéro, voulez-vous ?

-Ca c'est pour le premier verre... Patron ? Vous resservez s'il vous plait ?
-Qu'est-ce que vous buvez ?
-Un autre jaune pour moi siouplé... Voter non pour voter contre Chirac ? Faut être dans la politique pour avoir des idées pareilles...

Essayons maintenant d'écouter de plus près. Que se dit la France d’en bas ? Profitons donc chers amis, la France d’en bas elle n’existe pas mais on y est. Et elle se demande ce qu’elle va retirer de la ratification de ce traité…

-…quoi déjà ? Machin-chose ? Constitutionnel, ‘tain à chaque fois j’arrive pas à le dire. Ben moi tu sais, voir des Polonais ou des Portugais venir travailler en masse en France ben… C’est vrai que ça fait peur, non ? Déjà qu’y a pas assez de travail ici…
-C’est vrai ce que tu dis quelque part, mais ils peuvent déjà venir, Robert. Et ça fait longtemps.
-Ben oué t’as raison. Remarque, je suis peut-être con mais c’est peut-être pour ça que chez eux le chômage baisse, non ?
-Ah non Robert. Ca c’est grâce à l’€urope !
-Et pourquoi ça le fait pas chez nous alors ?
-Parce que tu sais bien qu’ils étaient moins développés que nous et qu’il faut bien les aider.
-Ecoute, tu es gentil avec ta solidarité mais bon, moi depuis l’ €uro que je trouvais bien avant j’ai compris. On a fait la même monnaie ben j’ai vu le résultat. On gagne moins, tout est plus cher, et à la maison on en a un au chômage…
-Ca c’est de la politique intérieure, ça n’a rien à voir avec ce traité.
-Ah oué ? Ah ben ça alors…Parce qu’à chaque fois on nous dit que c’est la faute à l’€urope. Alors faudrait un peu savoir, non ? Et puis c’est pas un peu tous les mêmes en ce moment ?
-Pourquoi tu dis ça ?
-Ben parce qu’y disent tous pareil, pardi… Et moi quand trop de politiques disent pareil je comprends plus qui est qui, moi et je me méfie…Parce que pour te dire franchement, contrairement à toi peut-être, des ministres ou des journalistes j’en vois pas tous les jours sauf à la télé.
-Ben faut dire qu’ils sont occupés.
-Ouais ça c’est clair. Nous on ne l’est pas, nous… On est préoccupé, nous.

Remarquez bien la répétition du nous. Egoïsme ou sentiment d’être méprisé ou ignoré ?

-Qu’est-ce qui te préoccupe tant avec ce texte ?
-Ben c’est déjà un sacré texte ! Tu crois que j’ai le temps de lire ça même si je le comprends ?
-Non, c’est vrai.
-Remarque, lire un bouquin de 500 pages où on y parle que d’argent…
-Ah non. On y définit aussi tes droits et tes libertés !
-Pourquoi ? Aujourd’hui y’en a pas ?
-Si mais ce ne sont pas les mêmes pour tous. Avec cette Constitution ce sera le cas.
-Bon, d’accord. Mais à moi ça me donne quoi comme droit en plus ?
-Le droit à la vie par exemple.
-Le droit à la vie ? Fais-moi rire…Parce qu’en ce moment j’ai l’impression que j’ai que le droit de mourir peut-être ? Demain y vont me faire signer que j’ai aussi le droit de respirer ?
-Oué c’est sûr qu’avec des arguments comme ça on n’avance pas…
-Mais enfin avancer pour aller où ? Réponds à une question simple, parce que je suis peut-être un peu con…Quel droit je vais avoir en plus, moi ?
-Vu comme ça aucun.
-Ben alors ? Moi quand j’ai voulu lire ce truc j’ai trouvé que des trucs du droit des affaires. Qu’est-ce que j’en ai à foutre du droit des affaires, moi ? Toi peut-être, tu as des actions, une entreprise et plusieurs maisons mais moi ?
-Ca ne parle pas que de ça.
-Ben c’est trop long alors.
-Oui, ça c’est vrai.
-Tu l’as lue, toi ?
-Euh…
-Tu es fort pour donner des leçons en tout cas !
-Non, je ne donne pas de leçons. J’explique pourquoi il faut voter oui.
-Je suis trop con pour comprendre, c’est ça ?
-Pas du tout mais c’est vrai que ce texte est difficile et très technique.
-Et pourquoi on me demande de le signer, alors ? C’est comme un contrat avec un vendeur ?
-N’exagère pas.
-Ah bon ? Ben tu ne t’es peut-être jamais fait entuber par un contrat, toi… Après tu y réfléchis à deux fois.
-Mais là pourquoi as-tu le sentiment de te faire entuber ?
-‘Tain, vous êtes tous pareils, vous…Vous nous croyez paranos. Ben parce que ça fait quinze ans que je me fais entuber pardi. Et puis va demander à mon fils ingénieur qui fait la caisse à Carrouf. Par contre c’est sûr que pour toi tout va mieux…
-Bon d’accord avec toi sur ce point de vue. Mais n’oublie pas que c’est un texte qui permettra des avancées considérables pour les autres pays.
-Encore la solidarité ? Tu as donné pour le tsunami, toi ? Combien ? Arrête un peu, veux-tu ? Y  vont pas choisir les autres pays ? On va les y obliger ?
-Mais ça fait mal vu pour un pays membre fondateur…
-Et alors ? Ca a fait mal à George Bush d’être mal vu ?
-Encore les Américains…
-Ben ils m’énervent, j’y peux rien. Remarque, encore heureux qu’on ait pas eu un Président anglais ou italien sur ce coup-là, de la guerre d’Irak quoi…

Eclat de rire…

-Mais sans rire, il faut vraiment aller voter oui.
-Ecoute, à ma connaissance on va demander à tout le monde, non ? Aux autres pays aussi, non ? Et tu crois qu’y vont voter pour savoir si moi je vais aller mieux, eux ? Alors moi j’irai voter comme j’ai envie ! On est encore en démocratie ici.
-Ca c’est vrai, excuse-moi…
-Sauf que tu me traites presque de con parce que je vais pas voter comme toi. Si je change d’avis et que je vote oui je deviens moins con c’est ça ? Les moins cons du oui sont meilleurs que ceux du non ?
-Je n’ai pas dit ça.
-Presque… Et ben je vais te dire, moi. Si vous êtes pas foutus de me donner quelques raisons simples et claires pour que je vote oui, je changerai pas d’avis. Et si vous y arrivez pas, je vois pas pourquoi vous êtes  moins cons que moi.
-Tu as peut-être raison… Allez patron, pour le deuxième verre ce sera une tournée générale !
-Ah ben pour une fois qu’y a un riche gentil ! Remarque, même eux on en voit de moins en moins !

Deuxième éclat de rire.

-Au moins vous nous faites bien rire, va ! Comme les politiques ou autres journalistes, là… Parce que si vous saviez ce qu’on en pense, nous… Mais c’est vrai que la France d’en bas, ça existe pas, si ?

Et oui, chers amis. Et la France d’en bas est plus nombreuse que vous ne l’imaginez. Evidemment je conclurai en vous rappelant une recommandation de base. Arrêtez-vous au deuxième verre, d’accord ?"

Djiddy Pibbee

Par Djiddy Pibbee - Publié dans : La France d'en bas
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Dimanche 10 avril 2005 7 10 /04 /2005 00:00

Après son intervention chez Thierry Ardisson, à l’émission « Tout le monde en parle » sur France 2, je répète mon titre.

Oui, son discours est formidable. Oui, nous avons affaire à une convaincue, une politique par vocation comme l’est le maire de notre « village » de 20000 âmes.
Dominique Voynet est une femme, elle a un sens pragmatique que les hommes n’ont pas : elle sait raconter les histoires. Elle est d’autant plus à l’aise qu’elle les connaît bien les histoires qu’elle raconte. Elle y participe et elle y croit. Chapeau bas Madame Voynet.

Je ne m’étendrai pas sur le oui ou le non, nous serions trop proches de vue pour que je le fasse, par respect. Si tout le monde pensait comme elle, si j’en étais sûr au moment du scrutin, je voterais comme elle m’y incite parce que je crois aux mêmes valeurs qu’elle.

Nous avons donc là deux grandes dames aujourd’hui : Dominique Voynet et Marie Georges Buffet.

L’une partage son faible temps de parole avec ses partenaires idéologiques.
L’autre y croit tout aussi sincèrement et supplante l’emblème « Ardisson ».

Laquelle est la plus réaliste ?

En tout cas : Bravo Mesdames. Je vous salue bien bas.

Par Djiddy Pibbee - Publié dans : La France d'en bas
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