Jai énormément de mal à comprendre pourquoi la presse comme les politiques narrivent pas à sortir de leurs ornières.
Jamais les Français ne se sont autant intéressés à ce débat, jamais autant de livres traitant de cette Constitution ne se seront vendus. Les débats populaires ont eu lieu et, au grand dam de nos élites politiques, ils furent bien plus techniques que les leurs. Dexcellents sites Internet tels quEuropeus ou Publius, par exemple, y ont largement contribué. Ce point particulier constitue bien un premier pas vers la compréhension que ce vote nétait en rien guidé ou impulsé par les partis politiques qui nont plus rien de représentatifs. La preuve ? Si ce Traité avait été adopté au Parlement il leut été à 92%. La même démonstration autrement : les directions UMP, UDF, PS, RG, Verts et RG étaient unanimes pour le oui, résultat des urnes 55% non.
Mais ce vote était une réponse à une question posée et à quoi nous devions apporter une réponse personnelle. Ce nétait ni un plébiscite ni un vote contestataire. Encore une fois les élites, quelles soient médiatiques ou politiques, narrivent pas à sortir des logiques partisanes. Mais enfin, ce nétait pas une élection ! Il ne nous a jamais été demandé délire un représentant. Quelle formidable erreur dinterprétation ! Pour montrer labsurdité de ce raisonnement il faut prendre lexemple du vote oui. Considérant que 20% des électeurs de lUMP ont tout de même voté non, imaginez-vous quils lauraient fait si cela avait été pour élire un candidat ? Evidemment non. Alors pourquoi continuer à expliquer ce vote ainsi ?
Pour interpréter correctement ce vote il faut se pencher sur la sociologie de ce vote et non sur les profils politiques. Les sondages Ipsos le montrent clairement. Pourquoi continuer à refuser de le voir ? Les catégories qui ont voté non sont essentiellement actives ou privées demploi puisquen effet seuls les retraités et les étudiants ont massivement voté oui (56 et 54%). Parmi les actifs, seuls les professions libérales et les cadres supérieurs ont voté oui, et ils lont fait eux aussi massivement (65%). En corrélation de cela seuls les ménages ayant un revenu de plus de 3000 se sont prononcés eux aussi favorablement (63%). CQFD. Comment avec ces éléments aller chercher des motivations dans les positionnements politiques ? Ce qui catégorise ce vote contre ce Traité jugé économique et libéral, cest non pas une logique partisane mais la catégorie sociale. Pour ma part jai toujours analysé et défendu largument suivant (entre autres) : ce Traité nétait pas adoptable en date et en heure. Pas tant que la situation sociale du pays ne permettait pas daccepter le libéralisme économique.
A trop avoir refusé de traiter le problème social de notre pays depuis plus de vingt ans la réponse est celle que nous connaissons aujourdhui : un rejet massif et franc du libéralisme économique. Il serait inconscient aujourdhui pour nos dirigeants de nen pas tenir compte. Ce relèverait non seulement de linconscience mais dune prise de risque majeure.
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