19/05/2005
Quittant Belfort, on note favorablement l'hospitalité offert par la Ville, pour une nuit reposante au "Relais d'Alsace", Hôtel familial présent dans les guides touristiques mondiaux tout en gardant son caractère indépendant, avec Georges et Karine. Patrick, réveillé tôt, reprend sa marche et abandonne le lion (laissé à Belfort): il est 6h30 et il est temps d'affronter les 40 km nous séparant de Mulhouse, en dépit de la fatigue pesante. A mi-chemin, FR3 Alsace prend des images qui seront diffusées en soirée sur la France entière. Les caméras prenent également un groupe de marcheurs allemands croisant notre marche. A ce moment, des relais sont assurés par Hervé, Philippe et Jean, ce qui nous permet de respecter l'heure de l'arrivée à Mulhouse. Passer le relais... et si, déclarant le chômage illégal, les salariés acceptaient de passer le relais à tous les chômeurs. Qui se plaindrait de la disparition du chômage? En attendant, Mme Colot, Directrice des Affaires sociales, et deux adjoints au Maire, Mme Godefroy et Mr Maitreau, nous pressent pour arriver à la réception organisée par la Mairie. Avec Francis, André, Hélène, Georges, Giselle, Marie, Laurent ... représentants d'associations de chômeurs, un débat nous éclaire sur les positions différentes de chacun, en présence des médias. Tous poursuivent les conversations à l'auberge de jeunesse où la Ville nous convie à un repas sympathique avec des représentants de CGT Chômeurs, MNCP et le Secours Catholique. Pour être "Super", on ne doit pas oublier de promouvoir "Super U" qui soutient notre marche.
Elle semble crier : « ne nous oubliez pas, nous attendons que vous veniez nous sauver. » Comme si la solution au chômage était toute entière aux mains de nos hommes politiques. Comme si nous étions condamnés à nous faire assister par des gens en qui nous ne croyons plus.
Au contraire, la solution est dans NOS mains.
1. Parce que ce sont les entreprises qui créent des emplois et que ce sont les citoyens qui créent des entreprises. Donc, pourquoi pas les chômeurs.
2. Parce que nous pouvons influencer la politique économique de notre pays. Non pas en marchant mais en votant. Voir même en se faisant élire.
Cette marche est une marche de désespoir et un acte symbolique, alors que nous avons besoin d'agir et de combattre. Elle ne servira donc à rien à part à entretenir le mythe dun Etat sauveur.
Laurent
Ravi de vous revoir ici.
Je ne suis ni l'inspirateur, ni l'organisateur ni même participant. J'apporte mon soutien et par là même ai fini par être "intégré" à cette marche. Il faut quand même bien comprendre les motivations de Patrick Mayo, elles sont disponibles sur son site. Votre optique vous conduit à vouloir créer des entreprises et en ce sens je ne peux pas m'y opposer, je ne peux même que le cautionner. Cependant il ne faut pas oublier que beaucoup n'en ont ni l'envie ni les capacités. Il faut avoir une certaine "fibre" pour cela et c'est loin d'être le cas de beaucoup de Français, alors que fait-on de ces gens-là ? D'autre part si l'on considère que tout ce qui peut être fourni par un travailleur doit l'être en indépendant, croyez-vous que cet indépendant pourra fournir ces mêmes services au même tarif que s'il était salarié ? Le tout libéral jette de plus en plus de gens dans les griffes de la pauvreté, c'est indiscutable. Quelle société voudriez-vous en ce cas ?
Le problème Djiddy est que vu que la France nest pas libérale, on ne peut pas dire que les chômeurs français soient des victimes du libéralisme. En fait, ils sont victimes de l'état providence. Les pays un peu plus libéraux (qui ne sont certainement pas ultralibéraux comme on le dit en France) ont moins de problème de chômage, c'est indiscutable. Donc, ne vous trompez pas de cause, ce qui fait le chômage en France c'est l'antilibéralisme. Pourquoi ? parce qu'à force de vouloir protéger, il oppresse : non seulement sa protection n'est pas efficace (la progression du chômage na jamais été aussi forte que sous la présidence Mitterrand, qu'on ne peut pas taxer de libéralisme, vous en conviendrez), mais en plus elle crée des lourdeurs qui rendent pénible la création des nouveaux métiers et des nouveaux emplois par de nouvelles entreprises. Le problème de la France n'est pas que des sociétés délocalisent, c'est que trop peu de nouvelles entreprises se créent pour pouvoir employer ceux qui perdent leur travail et les faire évoluer vers de nouvelles tâches.
Par ailleurs, vous dites qu'il faut avoir "la fibre" pour créer une entreprise. ça n'est pas vrai. Beaucoup de gens le font parce qu'ils n'ont pas le choix et que sans cela, ils ne pourraient tout simplement pas vivre décemment. Certains entrepreneurs qui ont d'ailleurs été dans cette situation ont été les pères de réussites immenses. Le problème que vous soulignez est qu'effectivement, en France, comme on est surprotégé on a le choix de ne pas se battre. Et quand on décide de créer une entreprise, c'est parce qu'on en a "envie". ça n'est pas sain. Il faut travailler pour vivre. L'assistanat ne peut pas être une solution pour ceux qui ont les moyens de s'en extraire. C'est d'ailleurs ce qui a été fait par Aznar : réduction drastique de la durée de prise en charge des chômeurs. Cela a engendré des milliers de créations d'entreprises et une division du chômage par plus de 2 en 8 ans. Parfois, il faut savoir secouer un peu les gens. La vie n'est pas une douce complainte, c'est un combat.
J'ai écrit le "tout libéralisme" et pas le libéralisme mais ce n'est pas important. Je n'ai jamais contesté le libéralisme politique en soi, c'est la base même de notre Constitution. Ce que je conteste c'est le libéralisme économique que nous vivons actuellement.
D'autre part ce que vous appelez l'Etat providence n'est plus et ce phénomène est en violation même de cette même Constitution.
Je vous rappelle donc l'Article Premier de la Constitution Française :
Article 1
La France est une république indivisible, laïque, démocratique et SOCIALE. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.
Voilà maintenant l'article 5 du Préambule de la Constitution de 1946 :
Chacun a le devoir de travailler et le DROIT D'OBTENIR UN EMPLOI. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances.
L'article 11 :
Elle (ndla : la Nation) garantit à tous, notamment à l'enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la SITUATION ECONOMIQUE, se trouve dans l'incapacité de travailler a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence.
Je suis attaché à nos textes fondateurs, peut-être contestez-vous notre Constitution mais pas moi.
D'autre part Patrick Mayo ne marche pas pour combattre le chômage mais la discrimination. Celle des quinquas en particulier mais aussi toutes ses formes. A ce sujet, j'ai de fortes suspicions d'en avoir été moi-même victime récemment.
Vous voyez Laurent, nous ne parlons pas des mêmes choses sur ce sujet. ;)
La croissance, la création de richesses et d'emplois, ça ne se décrète pas.
Par ailleurs, je vous garantis que létat providence existe encore en France. Il arrive en bout de course, mais il est encore debout. Il continue à creuser sa tombe consciencieusement, aggravant les dettes et les déficits que nous (enfin, ceux qui resteront en France) devront rembourser. Les chômeurs daujourdhui sont ses enfants, cest lui qui les a engendré, ça nest pas le libéralisme.
Quant à la discrimination à lembauche ça nest pas notre plus gros problème. Si nous avions une économie prospère et un chômage bas, les entreprises feraient des pieds et des mains pour retenir les seniors, pour les supplier de ne pas partir trop tôt en retraite même, cest le cas aux USA, en Angleterre et en Europe du nord. Donc, virons les politiques daujourdhui, nettoyons les lois et les ministères, abolissons les privilèges statutaires de ceux qui gaspillent notre argent et créons des entreprises. La discrimination disparaîtra delle-même.
C'est un postionnement politique, le vôtre, que je ne partage pas.