Nicolas Sarkozy, dans sa prestation télévisuelle à « 100 minutes pour convaincre » sur France 2 se fait le chantre de léquité, « plus » que de légalité selon lui. Ce glissement sémantique nest pas innocent. Légalité juridique est sur tous les frontons de notre République : « Liberté, égalité, fraternité ». Ainsi nous sommes tous libres, donc égaux et fraternels. Les trois sont intimement liés, légalité garantit à tous le même droit à la liberté. On ne peut être « plus ou moins libre » que son voisin puisque son égal. Et cette liberté, cette égalité doivent sappliquer dans la solidarité réciproque, nous sommes tous « frères » puisque fraternels.
Revenons maintenant à ce savant glissement sémantique : quest-ce que léquité selon Nicolas Sarkozy et en quoi soppose-t-elle à notre « Egalité » républicaine ?
Le petit Larousse donne pour définition première de léquité « vertu de celui qui possède un sens naturel de la justice, respecte les droits de chacun ». Nul doute quun avocat de son talent soit impartial
La deuxième définition par contre est autrement plus intéressante et cest là que le bât blesse : « justice naturelle ou morale, considérée indépendamment du droit en vigueur ». Ainsi léquité de M. Sarkozy est un concept indépendant du droit en vigueur, donc de légalité.
Selon les beaux principes qui animent nos débats politiques nationaux dans la majorité, il faudrait être équitable. Cela signifie, toujours selon ces beaux principes, que le « méritant » doit être mieux servi que le « moins méritant ». Rien de choquant, apparemment
Sauf si ce mérite sapplique en dehors du droit en vigueur. Qui décidera alors qui est méritant ou pas ? Qui pourra se prévaloir dêtre suffisamment « naturellement ou moralement juste » pour juger de léquité nécessaire ? Léquité est bel et bien un principe discriminant puisque par léquité nous perdrions tous notre égalité. Léquité et légalité ne peuvent sadditionner, cest soit lune soit lautre.
Les Français den bas connaissent tous la fraternité de Nicolas Sarkozy, il la démontrée en changeant totalement de ton selon le type dinterlocuteur. On ne sadresse pas à M. Mazerolle comme aux Français den bas chez les Sarkozy. Preuve par lémission si ça navait déjà été fait politiquement.
Nous connaissions aussi déjà son goût pour la discrimination positive qui elle aussi bafouerait légalité. En effet le « non-discriminé » positivement se retrouverait automatiquement discriminé négativement puisque nayant pas accès aux mêmes chances. Loffensive est cette fois plus grave. Cest une attaque en règle contre le droit républicain à lEgalité, une de plus. La prochaine se fera-t-elle contre la Liberté ?
Parce que lEquité serait le contrôle reconnu et voulu des inégalités
CQFD.
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