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Mardi 25 octobre 2005
Si vous avez pris plaisir à me lire régulièrement pendant quelques mois vous devez aujourd'hui vous interroger sur l'actualisation de ce blog.

Comme je l'avais déjà relaté précédemment, mes projets se sont faits plus ambitieux. Je vous vois venir :) et je tiens à vous rassurer tout de suite : rien de commercial là-dedans. J'ai fondé une association qui s'appelle La e-Cité et qui a pour vocations l'éducation, la solidarité et la représentativité populaires, entre autres. Cette Association ne fonctionnant quasiment exclusivement que sur l'Internet, il me fallait pour en gérer le fonctionnement un gestionnaire de communauté, ce qu'Over-Blog ne permet pas aujourd'hui. De surcroît, il me fallait un hébergement indépendant du logiciel de façon à pouvoir changer aussi facilement l'un que l'autre si la nécessité se faisait jour.

Je vais maintenant succintement vous présenter l'Association.

Son nom, comme précisé plus haut, est La e-Cité. Son ambition est humble et simple : contribuer à réfléter la réalité de la vie quotidienne populaire, à tenter d'apporter des réponses aux questions qu'elle suscite, informer et éduquer autant les citoyens que ceux qui vont le devenir, c'est à dire nos adolescents. Les services à la personne y disposeront d'une section destinée à faciliter la mise en relation des "proposeurs" et des demandeurs.

Les différentes sections de l'Association sont accessibles à partir de ses portes, qui se situent à l'adresse suivante : La e-Cité.

À titre personnel je n'arrête pas de bloguer. J'ai ouvert un nouveau blog sur mon nouvel espace, son emplacement est Campus liber. Je tiens tout de même à préciser que je ne ferme pas celui-ci et qu'il pourra continuer à recevoir vos commentaires auxquels je répondrai, comme je l'ai toujours fait. J'ai aussi la fierté de vous annoncer par cet article que dornévant j'écris pour Europeus qui m'a fait l'honneur de me demander d'intégrer ses contributeurs. Je peux vous avouer sincèrement que cette démarche m'a fait énormément plaisir, Europeus étant le site informatif sur l'Europe que j'ai le plus apprécié depuis que je blogue. Son administrateur, contributeur et au demeurant excellent journaliste Christophe Nonnenmacher n'y est pas pour peu.

La confiance que avez bien voulu m'accorder jusqu'ici sera poursuivie si vous acceptez de me la renouveler.

En conclusion je crois vous avoir tout dit, si vous voulez bien me suivre...
Par Djiddy Pibbee - Publié dans : La France d'en bas
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Mardi 12 juillet 2005
J'ai toujours écrit par cycles... Je n'en pense pas moins en continu. Je ne suis pas une girouette, j'ai des convictions, une foi en l'homme qui me révolte à la lumière de certains évènements. Comme vous.
Mais parfois il fait bon se souvenir réellement, grâce à une trace que nous avons écrite et gardée, de ce que nous formulions comme pensées dans le passé.

Voici une chanson que j'ai écrite le 14 novembre 1997 :


Marchands de paix

En ce monde de fous où les rêves fuient nos têtes
Mieux vaut quand même dormir pour oublier l'hyperréalité
Du plus puissant des pays qui régentent notre planète,
Où Liberté, Démocratie ont soi-disant droit de cité.

Ecoutez les cris de nos peuples à l'agonie
Qui désatsreusement ne présentent aucun intérêt.
Nous n'avons pas de pétrole à négocier pour notre survie,
Pas de position stratégique à vous apporter.

Nous n'avons pas de monnaie pour vous les marchands de paix,
Vous n'aurez pas de pitié pour nous autres, orphelins de terre.
Pas de monnaie pour vous les marchands de paix,
Nous crèverons la bouche ouverte car nous ne sommes pas frères.

Yougoslavie, Rwanda, Congo ou bien Liberia,
Des millions de morts qui ont espéré en vain
Que la crème des Nations et de leur intelligentsia
Daigne bien pour une fois leur tendre une main.

La prochaine fois n'apportez pas vos caméras.
Nous n'aurons pas envie de servir vos publicités,
Car vos politiciens ne réagiront même pas.
Ils sont si bien à l'abri de toutes ces atrocités.

Nous n'aurons pas de monnaie pour vous les marchands de paix,
Vous n'aurez pas de pitié pour nous autres, orphelins de terre.
Pas de monnaie pour vous les marchands de paix,
Nous crèverons la bouche ouverte, ce ne sont pas vos affaires.

Nous n'aurons pas de monnaie pour vous les marchands de paix,
Vous n'aurez pas de pitié pour nous, VRP de la misère.
Pas de monnaie pour vous les marchands de paix,
Nous crèverons la bouche ouverte, mais pas dans votre enfer.


C'était il y a bientôt 8 ans...
Comme vous voyez, moin non plou, yé n'ai pas changé...
Par Djiddy Pibbee - Publié dans : La France d'en bas
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Samedi 9 juillet 2005
Nous ne sommes pas tous des Londoniens.

J'attends la volée de bois vert que ce titre me vaudra... Il n'empêche que ce n'en est pas moins vrai.

Je ne traiterai pas longuement ici des expertises, ce n'est pas de mon ressort au moment où j'écris. Je ne peux que compatir, qu'éprouver un sentiment de peine mêlé à de la colère devant une situation si horrible que seul l'homme sait les provoquer... Mais cette médiatisation orchestrée de la compassion, ce besoin de sécurisation disproportionné ne sert qu'à nous culpabiliser tous devant un phénomène que nous n'avons ni voulu ni soutenu.

Non, je ne suis pas Londonien, et pourquoi ? Parce que je n'aurais jamais voulu vivre à Londres ni même m'y rendre. Non, je ne suis pas Londonien parce que je n'aurais pas réélu un Parti qui a pour chef un des plus gros menteurs d'état que la Grande Bretagne n'ait jamais produit.

Non, je ne suis pas Londonien... Mais comme les usagers du métro à Londres, je suis une victime. Je suis une victime des décisions politiques de dirigeants qui n'ont que faire de leurs peuples, de leurs opinions publiques hors périodes de campagne électorale.
Je suis aussi la victime de George Bush, de Tony Blair, de Silvio Berlusconi, de José-Maria Aznar, etc.

Comme les centaines de milliers d'Irakiens innocents, les milliers d'Américains du World Trade Center, des centaines d'Espagnols à Madrid, je suis une victime.

Dans cette histoire, (je n'ose appliquer ici une majuscule à ce mot), je suis mort quatre fois. Je suis mort le 11 septembre 2001, je suis ensuite mort en Irak puis une nouvelle fois à Madrid. Aujourd'hui je meurs à Londres. J'étais déjà mort en Bosnie, en Tchétchénie... Alors autant vous écrire que la mort je sais ce que c'est...

On ne peut pas en vouloir à ceux qui meurent, quel que soit leurs bord, religion, ethnie... Ils sont les victimes. Les Fous de Dieu n'envoient plus depuis longtemps leurs enfants en première ligne, ils envoient ceux des autres. Quelle différence entre envoyer les enfants des autres au front selon qu'ils sont militaires ou embrigadés ? Le point commun ? Les victimes...
Je suis le point commun, c'est pour cela que je meurs aussi souvent.

Ces gens qui nous dirigent devraient mourir aussi plus souvent, ils comprendraient peut-être.

Je ne suis pas Londonien mais aujourd'hui je meurs avec eux, une fois de plus...

Je suis une victime, une de plus.

A quand le vrai décompte ?
Par Djiddy Pibbee - Publié dans : Société
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Vendredi 24 juin 2005
Prénom : Renata. Nom : Lesnik. Profession(s) : journaliste, spécialiste du monde soviéto-russe, politologue et criminologue. Nationalité : ex-soviétique. Pays de résidence : France. Signe particulier : craint pour sa vie. Son crime : refuser de se taire. Penser qu’informer est un devoir. Quand bien même cela devrait lui coûter la vie. L’histoire de Renata pourrait être celle d’un mauvais polar. D’un roman d’espionnage. D’une traque. D’une incroyable volonté de (sur)vivre. Quelque part entre les univers d’Igor Panich et de Reggie Nadelson. Mais Renata n’est pas une héroïne de série noire. Pas plus que sa vie n’est une fiction. Résumer ses années d’existence ? Difficile tant elles sont riches de courage et de douleur. Le courage de refuser de subir aveuglément un système totalitaire dont on ne compte plus les victimes, de dire ce que Moscou voudrait que nul n’entende. De s’être opposée au KGB. De dénoncer aujourd’hui le comportement du FSB, son digne héritier, dirigé habilement par Poutine et les siens. Sa douleur ? D’en avoir payé le prix fort. D’avoir vécu le viol, la torture, l’internement psychiatrique, la mort clinique, la perte de ses proches. Celle d’une mère, plusieurs fois arrêtée par le KGB. D’un père, officiellement décédé d'une crise cardiaque. D’un frère, emprisonné sans motif ni procès, qui lorsqu’il cherchait à comprendre ce dont on l’accusait se voyait répondre un «demande à ta sœur, qui vit très bien à Paris…». Dans son dernier ouvrage, La rebelle aux pieds nus, Renata ne dit mot de ces derniers épisodes familiaux. Son histoire s’arrête au 9 mars 1981, lorsqu’elle réussit à fuir l’Union soviétique, son ex-mari guébiste et tout un système qu’elle n’a eu de cesse de dénoncer de l’intérieur. Lorsqu’elle parvint à se jouer des autorités soviétiques et à rejoindre la France le 20 avril de cette même année, via un court séjour au Brésil. Lorsque détentrice d’un statut de réfugiée politique elle bénéficia, dès le 13 mai, de la protection de la DST. Ce que ne dit pas son livre – teinté d’une remarquable ironie malgré les épreuves qu’il décrit - est qu’après toutes ces années, l’ex-KGB a la rancune tenace et une vision très personnelle de la souveraineté territoriale. Condamnée à mort en septembre 1983 par Andropov pour «haute trahison d’Etat» (lors d’un «procès» où les services guébistes étaient partie civile…), en raison de son passage à l’ouest mais également suite à la publication de son premier ouvrage français «Ici Moscou» et à sa participation à la création, depuis Paris, d’un comité de soutien au journaliste russe de Radio Moscou Internationale, Vladmir Dantchev (interné en asile psychiatrique pour avoir dénoncé à l’antenne l’invasion soviétique en Afghanistan), Renata craint désormais pour sa vie sur le sol français. «En fait, même si je ne peux pas désigner de commanditaire, on ne m’a pratiquement jamais laissée tranquille, confie-t-elle par téléphone. Je pense à des personnes qui m’ont rencontrée comme par hasard dans la rue, alors que je prenais un café avec un journaliste. Aux fois où ma maison a été visitée en mon absence. Ou à des tentatives de kidnapping», les autorités soviétiques n’ayant jusqu’alors pas le droit d’exécuter la sentence hors de leur territoire. «Jusqu’alors, car depuis, ce droit ils l’ont pris. Poutine a récemment été très clair sur ce point. Le Russes sont libres de frapper en n’importe quel endroit du monde où se trouvent des terroristes.» Terroriste l’ancienne traductrice et journaliste ? Au yeux du Kremlin, la chose ne fait guère de doute, poursuit Renata : «D’après Poutine, je tombe dans cette catégorie dans la mesure où je m’oppose à la guerre en Tchétchénie. Sans compter le fait que cet homme est à genoux devant la mémoire d’Andropov, son idole.» Celle-là même qui avait condamné Renata à la peine capitale sans que la sentence ne puisse être exécutée. «Comprenez, cela fait désordre…» Plus fortes, les pressions le sont indéniablement. Par le biais de menaces de morts anonymes et téléphoniques, bien sûr. Mais aussi par des approches énigmatiques. «Pas plus tard qu’hier soir, une berline m’a suivie dans la rue. S’est arrêtée devant ma porte. Arrivée à mon appartement, j’ai allumé la lumière. A cet instant précis, la voiture est repartie. Bien sûr, il pourrait s’agir de quelqu’un qui me protégeait mais j’en doute.» Autre lieu, autre situation : «Alors que je prenais le bus, je suis tombée nez à nez avec un parfait sosie de l’un de mes anciens chefs. J’étais prostrée. Vous savez, même si quelque chose me disait qu’il ne s’agissait pas de la personne que j’avais connue autrefois, cela fait un choc. Lorsque je suis descendue à mon arrêt, l’homme m’a suivie quelques temps. Je me suis alors rendue chez des amis. Plus tard, dans la journée, pour rentrer chez moi, je devais traverser un petit square. L’homme y était…». Et quand on demande à Renata si le jeu en vaut véritablement la chandelle, s’il ne serait, au moins pour elle, pas préférable de se faire toute petite, la réponse ne souffre aucun commentaire : «Si je ne parle pas, ils me tuent». Des mots que l’on ne peut s’empêcher de rapprocher de ceux de Tahar Djaout, journaliste et écrivain algérien assassiné le 2 juin 1993 pour avoir justement refusé de se plier à cette loi du silence. «Tu parles, tu meurs, écrivait-il. Tu te tais tu meurs, alors parle et meurs.» Ce qui pourrait préserver Renata d’une fin aussi tragique ? Une mise en lumière de son histoire. De sa parole. Lui accorder une véritable aura médiatique. Non pas par souci de promotion de son livre. Mais simplement parce que la notoriété médiatique protège. Et parce qu’il n’est pas admissible – encore moins sur le territoire français – qu’un Etat tiers puisse, dans l’indifférence générale, exécuter une sentence qui n’a pour seul but que de d’éteindre à jamais la liberté d’expression d’un individu dont la seule ambition est de partager un vécu et d’informer.
Par Christophhe Nonnemacher, publié par Djiddy Pibbee - Publié dans : Société
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Vendredi 10 juin 2005
Vous aurez compris, je crois, qu'après notre rencontre, Patrick Mayo, sa compagne et moi sommes restés très liés. Nous sommes aujourd'hui amis et je crois sincèrement que même s'il ne devait rester que cela de cette aventure je serais largement gagnant. Mais le fait est aujourd'hui que Patrick n'a toujours pas trouvé d'emploi. Malgré sa médiatisation, malgré la démonstration de sa ténacité et de son courage, malgré sa présence encore hier au journal de 13 heures, malgré sa réception hier par le directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo, la Ministre de la Cohésion Sociale et malgré même le courrier qu'il a reçu de Jacques Chirac... Malgré tout cela Patrick est toujours RMIste.
Cela pose une question inévitable : que faut-il faire aujourd'hui pour trouver un emploi ? Jusqu'ou faut-il aller pour pouvoir obtenir un entretien en entreprise ? Questions auxquelles malheureusement ni Patrick ni moi n'avons les réponses, la preuve... En tout cas il n'abandonne pas le combat, sur son site vous pourrez lire son nouveau combat : arriver à une reconnaissance et une implication officielles de la représentation des chômeurs. Il va sans dire que je soutiens cette inittiative (j'aide mon ami Patrick à la rédaction de ses textes, entre autres), que je compte bien autant que faire se peut y participer et que je vous invite, si vous vous sentez concernés, à lui manifester soutiens et encouragements... 

Message personnel : ne lâche rien Patrick, les chômeurs ont besoin de gens comme toi, comme nous qui avons envie que les chôses changent... On y arrivera et là tout le monde nous dira qu'ils n'y croyaient pas. Comme on a pu te le dire avant que tu fasses mille kilomètres à pied, tu te souviens ? ;)
Par Djiddy Pibbee - Publié dans : L'actualité de Patrick MAYO
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Vendredi 10 juin 2005

Plus de billets depuis quelques jours... Vous avez du vous demander probablement ce qui m'est arrivé, non ? Et bien je vais vous rassurer immédiatement : je vais très bien. ;)

La raison de cette absence en ce cas ? J'ai travaillé beaucoup sur l'association que je compte créer. Cette association a pris la tournure d'une plateforme communautaire Internet avec plusieurs sections. Je vous en livre ici les objectifs provisoires que j'espère définitifs :


1) Participer à l'information citoyenne, à l'éducation populaire et à la démocratie au moyen d'outils libres et gratuits des nouvelles technologies d'information et de communication.


2) Générer l'entraide citoyenne en fournissant des services de mises en relation pour ses membres.


3) Contribuer au bien-être social en créant les emplois nécessaires à la poursuite de ses objectifs.


4) Améliorer ou créer la représentativité des citoyens situés en dehors des partis politiques, des syndicats ou entreprises.


5) Soutenir des démarches individuelles ou collectives conformes à ses objectifs.


La difficulté technique quant à la mise en oeuvre réside dans l'utilisation de logiciels libres et gratuits. Un outil de gestion de communauté en Français (je lis l'anglais mais beaucoup ne le peuvent pas) gratuit, efficace et permettant les formes actuelles de publication (articles, nouvelles, blogs) est difficile à mettre en place pour le néophyte comme moi. Je m'oriente vers l'utilisation de Xoops que je vais tester en famille sur un espace temporaire. L'idéal m'avait semblé ExpressionEngine mais je romprais alors avec l'objectif premier de l'association qui est d'utiliser des outils libres et gratuits afin d'en favoriser leur développement et l'indépendance de l'association. Si vous avez des idées pour d'autres plateformes qui vous sembleraient n'hésitez pas à m'en faire part. Vous avez en tout cas l'explication de ma moindre implication sur ce blogue depuis quelques jours, merci à ma Gaëlle de m'avoir rappelé que ce délai pourrait apparaitre long à mes lecteurs...

Par Djiddy Pibbee - Publié dans : La France d'en bas
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Samedi 4 juin 2005

Sales Français

"L'esprit partout épars se concentre dans la cocarde de la conscience". Blaise Cendrars

Peureux, ignares, chauvins, racistes, xénophobes, égoïstes, radins, colériques ainsi MM. Hollande, Strauss-Kahn, Lang, Bayrou, Sarkozy, Barnier ont qualifié les français depuis la victoire du Non; peureux, ignares, chauvins, racistes, xénophobes, égoïstes, radins, colériques ainsi intellectuels et éditorialistes ont décrit les français; peureux, ignares, chauvins, racistes, xénophobes, égoïstes, radins, colériques ainsi de nombreux hommes politiques européens ont insulté les français. Quand à Jacques Chirac, il prend acte!

L'intérêt, les intérêts de la France diffèrent donc de ceux des français d'après son président même. Ce n'est pas le Non qu'il faut décortiquer, c'est le oui: comment en est-on arrivé là, est-ce par mimétisme avec le déni de démocratie qui caractérise si bien le fonctionnement de l'Union, est-ce l'aboutissement final de la grande défausse de l'élu sur le fonctionnaire, de la décision sur le règlement, de l'inspiration sur la directive? En soutenant cette constitution, les hommes aux pouvoirs comme ceux y aspirant s'amputent encore davantage de leurs capacités d'imagination et d'action, en la refusant, les français les enjoignent à retrouver le goût de l'initiative et de la responsabilité. Beau défi!

La menace de l'affaiblissement, thème d'extrême droite par excellence, thème pétainiste, a été utilisée à satiété par le camp du oui – faute d'argument. Ce qui affaiblit la France c'est de rabâcher sa prétendue faiblesse, ce qui affaiblit la France c'est la condamnation, c'est le rejet, c'est la dénégation du message des urnes tant par le pouvoir que par l'opposition de gouvernement, ce qui affaiblit la France, c'est que la campagne du oui, comme toutes ses réactions le confirment après la défaite, avait les français pour adversaires, ce qui affaiblit la France, c'est un président de la République qui "prend acte" du résultat du référendum au lieu de le prendre dans ses bras et de le porter et de le défendre à Bruxelles (puisqu'un président élu au suffrage universel doit aller se justifier devant des fonctionnaires inconnus), ce qui affaiblit la France, ce sont des français stigmatisés le 29 au soir par Jacques Chirac et François Hollande, alors que, l'un président, l'autre socialiste, devraient, par devoir pour l'un, par conviction pour l'autre se faire les hérauts de la voix de leur peuple.

Une constitution n'est pas un contrat entre citoyens, c'est un contrat entre les citoyens et le pouvoir décrivant les modalités de l'exercice du pouvoir et du choix de celui-ci par ceux-là. Ni l'un ni l'autre ne sont acceptables dans la constitution européenne:elle ne prévoit ni choix, ni contrôle. Peu d'Européens sont prêts à une organisation du continent en une confédération à la suisse, c'est peut être dommage, mais c'est ainsi. En attendant qu'il puisse être démocratique, tout pouvoir supra national doit être supprimé, le plan B, c'est la suppression de la Commission et tel doit être le message de la France, de Chirac comme du PS, tel doit être le message joint de la France et des Pays-Bas, tel devrait être négocié l'avenir de l'Europe avec les pays du Non à venir et même avec les autres, Allemagne en tête. D'états à états, entre gouvernements légitimes, tout est possible, le projet européen est possible.
Une Constitution est grand texte inspiré, une constitution (américaine, françaises, allemande et japonaise d'après guerre, nouvelles des pays d'Europe centrale et orientale, irakienne à venir) est un texte de rupture mais aussi un texte familier dont de nombreux citoyens connaissent un ou deux articles ou dont il peuvent résumer l'inspiration, le projet soumis au vote était un document maniaque et plat à deux objectifs:consacrer la concurrence, consacrer la Commission. Ni justice sociale, ni volonté de puissance, ni exigence de loyauté, ni contrôle populaire. Les partisans du oui – pour la plupart très attachés à la justice sociale, conscients qu'un état sans puissance n'en est pas un, tous très choqués par l'attitude des nouveaux membres se précipitant sous l'aile de Washington, tous sincères démocrates – le savaient bien: ils n'ont pas convaincu. La rupture qui entraînera le retour en grâce de l'Union chez les européens (la participation aux élections européennes est en baisse constante depuis qu'elles existent, y compris chez les nouveaux membres), c'est la suppression de la Commission.
Bien sur il y a le désarroi, bien sur il a nourri le Non; bien sur l'étroitesse du choix politique: économie de marché avec ou sans palliatifs, ne porte pas à l'enthousiasme, mais le Non n'est ni à l'Europe ni au grand capital, le Non refuse la fin programmée du capitalisme civilisé si laborieusement bâti en trois générations; le Non dit: Laissez le confort pour la puissance, ou l'inverse, passe encore, mais perdre l'un et laisser filer l'autre – évaporée à Bruxelles, non.

Ce à quoi il a été dit Non ce n'est pas aux fins de mois difficiles, au prix du kilo de cerises, à Jacques Chirac – et s'il lui a été dit non, le non est tout autant adressé à François Hollande et s'il y a désaveu celui-ci est le premier visé, son camp ne l'a pas suivi, le oui vote UMP et UDF, majoritairement; ce à quoi il a été dit Non c'est au déni d'identité, au déni de puissance, à la honte de l'histoire, aux cinq culpabilités – les croisades, l'esclavage, la colonisation, l'holocauste, le rideau de fer – dont l'Europe s'englue; ce à quoi il a été dit Non c'est à la "désaffiliation" en cours, c'est à la tentative de nouvelle citoyenneté sans suffrage ni territoire qu'élabore sans le savoir un collège de commissaires inconnus, irresponsables, incontrôlables; ce à quoi il a été dit Non c'est à l'onction dont Bruxelles enduit notre destin pour le rendre aussi insaisissable qu'une truite, ce à quoi il a été dit Non c'est au primat de la norme sur l'usage, ce à quoi il a été dit Non c'est à la course éperdue vers la désincarnation.

Sales Hollandais.

Sarajevo, 3 juin 2005

Jacques-Emmanuel Remy

Par Djiddy Pibbee avec autorisation de l'auteur - Publié dans : Société
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Mercredi 1 juin 2005

J’ai énormément de mal à comprendre pourquoi la presse comme les politiques n’arrivent pas à sortir de leurs ornières.
Jamais les Français ne se sont autant intéressés à ce débat, jamais autant de livres traitant de cette Constitution ne se seront vendus. Les débats populaires ont eu lieu et, au grand dam de nos élites politiques, ils furent bien plus techniques que les leurs. D’excellents sites Internet tels qu’Europeus ou Publius, par exemple, y ont largement contribué. Ce point particulier constitue bien un premier pas vers la compréhension que ce vote n’était en rien guidé ou impulsé par les partis politiques qui n’ont plus rien de représentatifs. La preuve ? Si ce Traité avait été adopté au Parlement il l’eut été à 92%. La même démonstration autrement : les directions UMP, UDF, PS, RG, Verts et RG étaient unanimes pour le oui, résultat des urnes 55% non.
Mais ce vote était une réponse à une question posée et à quoi nous devions apporter une réponse personnelle. Ce n’était ni un plébiscite ni un vote contestataire. Encore une fois les élites, qu’elles soient médiatiques ou politiques, n’arrivent pas à sortir des logiques partisanes. Mais enfin, ce n’était pas une élection ! Il ne nous a jamais été demandé d’élire un représentant. Quelle formidable erreur d’interprétation ! Pour montrer l’absurdité de ce raisonnement il faut prendre l’exemple du vote oui. Considérant que 20% des électeurs de l’UMP ont tout de même voté non, imaginez-vous qu’ils l’auraient fait si cela avait été pour élire un candidat ? Evidemment non. Alors pourquoi continuer à expliquer ce vote ainsi ?

Pour interpréter correctement ce vote il faut se pencher sur la sociologie de ce vote et non sur les profils politiques. Les sondages Ipsos le montrent clairement. Pourquoi continuer à refuser de le voir ? Les catégories qui ont voté non sont essentiellement actives ou privées d’emploi puisqu’en effet seuls les retraités et les étudiants ont massivement voté oui (56 et 54%). Parmi les actifs, seuls les professions libérales et les cadres supérieurs ont voté oui, et ils l’ont fait eux aussi massivement (65%). En corrélation de cela seuls les ménages ayant un revenu de plus de 3000€ se sont prononcés eux aussi favorablement (63%). CQFD. Comment avec ces éléments aller chercher des motivations dans les positionnements politiques ? Ce qui catégorise ce vote contre ce Traité jugé économique et libéral, c’est non pas une logique partisane mais la catégorie sociale. Pour ma part j’ai toujours analysé et défendu l’argument suivant (entre autres) : ce Traité n’était pas adoptable en date et en heure. Pas tant que la situation sociale du pays ne permettait pas d’accepter le libéralisme économique.

A trop avoir refusé de traiter le problème social de notre pays depuis plus de vingt ans la réponse est celle que nous connaissons aujourd’hui : un rejet massif et franc du libéralisme économique. Il serait inconscient aujourd’hui pour nos dirigeants de n’en pas tenir compte. Ce relèverait non seulement de l’inconscience mais d’une prise de risque majeure.

Par Djiddy Pibbee - Publié dans : Non à la Constitution Européenne !
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Mercredi 1 juin 2005

"Raffarinades" choisies:

 

La vie:

 

- "Notre route est droite, mais la pente est forte"

- "Les jeunes sont destinés à devenir des adultes"

- "L'avenir est une suite de quotidiens"

- "La route, elle est faite pour bouger, pas pour mourir"

- "Je dis aux jeunes : la fête, c'est la vie. La vie, c'est ton visage !"

- "La modestie, ça ne se proclame pas, ça se vit"

- "Il existe aussi une intelligence de la main (...) et elle communique directement avec le coeur"

- "Les veuves vivent plus longtemps que leurs conjoints"

- "Je vous recommande la positive attitude"

 

La politique :

 

- "La France est forte quand c'est une force qui va et qui sait où elle va"

- "La Marseillaise sera d'autant moins sifflée qu'elle sera entonnée par tous"

- "Le citoyen est un piéton de la République"

- "Un peuple qui doute n'est pas un peuple qui marche"

- "La politique, ce n'est pas un sport, ce n'est pas une équipe contre une autre: on est tous l'équipe de France"

- "A force de penser au pluriel la politique, certains ont oublié le singulier de la France"

- "Merci (à Bernadette Chirac) de nous montrer que la victoire n'est pas facile, qu'elle se gagne étable par étable, commune par commune"

- "La rue doit s'exprimer mais ce n'est pas la rue qui gouverne"

- "Il faut mettre en place la République du bon sens"

- "Il y avait un projet de loi qu'on a arrêté à temps. C'était : quand on ne travaillera plus le lendemain du jour de repos, la fatigue sera vaincue"

- "C'est promis, l'année prochaine je viendrai avec des allègements d'impôts. Je ne prends pas de rique puisque le voisin d'en face l'a annoncé"

- "Les jeux +perso+ ne sont pas des jeux d'avenir"

L'Europe et le référendum :

- "L'Europe à laquelle nous devons penser demain, ce n'est pas l'Europe d'hier"

- "The yes needs the no to win against the no" ("le oui a besoin du non pour gagner contre le non")

- "Ne soyons pas frileux, ne soyons pas frigides" avec l'Europe

- "Mon oui est plus qu'un non au non"

 

Lui-même :

 

- "Je ne suis pas énarque, je parle directement comme je suis"

- "Je n'aime pas beaucoup ne pas être dans le logiciel central de moi-même"

- "Est-ce que j'ai l'air d'un psychosé ?"

- "J'ai mes rondeurs mais j'ai mon énergie"

- "Je suis le pilote de l'Airbus gouvernemental"

- "Je ne travaille pas pour moi, je n'ai pas un ego hypertrophié"

- "Il faut sauter des haies et finalement, je saute les haies les unes après les autres"

- "On annonce toujours mon départ pour la semaine prochaine. Finalement j'ai quelque résistance"

- "J'aimerais un jour être globe-trotter"

- "Je repars à neuf"

Par Djiddy Pibbee d'après les dépêches AFP - Publié dans : La France d'en bas
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Lundi 30 mai 2005

Nous étions devant le MEDEF le 25 mai pour y accueillir Patrick MAYO. A ce titre nous savons exactement ce qu’il en a été. Une toute petite centaine de personnes était présente, quelle déception ! Si l’on élimine de ce comptage les Présidents d’associations on peut quasiment affirmer que les CRS étaient plus nombreux que nous… S’il est logique que les chômeurs devant voyager n’aient pu nous rejoindre il nous est difficilement compréhensible que les chômeurs Parisiens ne l’aient pas fait. Tous ceux qui se sont investis dans la démarche de Patrick MAYO ressentent aujourd’hui cette amertume. Nous étions quatre chez Patrick dans l’incertitude avant le rassemblement : Denis Huet, créateur du site de la marche, Patrick lui-même bien entendu, sa compagne Yasmine et moi. Nous espérions encore alors être nombreux même si Patrick ne se faisait déjà plus guère d’illusions au vu des faibles rassemblements qu’il a pu générer tout au long de son périple. Un chômeur ne travaille pas, il a donc à priori plus de facilités à se libérer. Où était-il donc le 25 mai ? Devant sa Playstation, son ordinateur ? En train de bronzer sous le soleil de plomb qui nous surchauffait ce jour là ? Quelle est cette formidable léthargie qui empêche de se rendre disponible ne serait-ce qu’une heure ou deux ? C’est, pour employer une métaphore, de l’incompétence… Nous avons vu les Présidents d’associations, ces « PDG du chômage » se précipiter devant les journalistes et le représentant du MEDEF mais nous, simples chômeurs, semblions n’être rien… Rien du tout ou presque. Le chômage n’existerait pas selon certains mais je n’ai pas cette vision. Cependant force m’a été de constater que les chômeurs sont invisibles. Comment veut-on attirer l’attention sur nous si l’on ne se montre pas ? Insondable mystère encore une fois que le comportement humain… Impossible de se mobiliser activement pour une cause qui nous touche tous sans distinction, quelle ineptie !

Quant à Patrick, je ressens un profond parallélisme entre sa situation et la mienne. Patrick, j’ose croire aujourd’hui que tu es mon ami. Nos histoires sont les mêmes à quelques virgules près. Ce sont nos compagnes qui nous aident à porter notre fardeau que constitue l’échec permanent que nous vivons. Ce sont aussi nos enfants. Eux aussi souffrent. Si parfois nous déprimons ou sommes en colère nous avons besoin d’eux pour nous redresser. Il nous faut dialoguer, leur parler, leur expliquer encore et toujours que non, nous n’avons pas baissé les bras. Nous ne pouvons pas même si nous en avons envie nous isoler dans notre malaise intérieur et nous exclure encore plus de la société extérieure en nous détachant de nos seules attaches avec lui qu’ils représentent. Nous ne le pouvons pas par respect pour eux mais surtout pour nous. Ce serait le début d’une chute terrible. Il nous faut malgré tout garder la joie de vivre avec eux, garder la joie d’avoir une famille et ce alors même que nous ne pouvons pas améliorer leur sort matériel. En contrepartie nous pouvons améliorer leur situation affective.

C’est vrai et indéniable que le chômage de longue durée déstructure. Il conduit les chômeurs à la négation de leur présence dans la société et en arrive parfois à briser des couples pour la pire des raisons qui soit : le manque d’argent… Ne laissons pas cette situation effondrer le dernier bastion qu’il nous reste : notre famille. Je sais ce qu’est ce risque puisque je le vis au quotidien. Je sais aussi que tu dois probablement parfois vivre la même chose. Alors je n’ai qu’un mot à te dire Patrick au cas où ce soit le cas : crois-moi, je t’assure fais-moi confiance, nous y arriverons. Le pire n’aura jamais raison de nous parce que nous sommes plus forts que lui. Nous n’étions pas seuls à Paris le 25, les autres étaient simplement invisibles. Nous ne sommes pas seuls chez nous, nos compagnes et enfants nous aiment. Nous avancerons ensemble, eux, nous, Denis… Nous nous battrons et nous gagnerons. Même contre les moulins à vent.

Par Djiddy Pibbee - Publié dans : L'actualité de Patrick MAYO
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